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Pendant la convention républicaine, Obama joue la contre-programmation

28/08/2012 10:49 EDT | Actualisé 28/10/2012 05:12 EDT

Le président des Etats-Unis Barack Obama se lance mardi dans une contre-programmation de la convention nationale de ses adversaires républicains, devant parcourir en deux jours trois Etats cruciaux dans sa lutte pour le pouvoir avec Mitt Romney.

Au moment où le candidat républicain doit arriver à Tampa (Floride, sud-est) afin d'entamer pour de bon des débats contrariés la veille par la tempête tropicale Isaac, le dirigeant démocrate sortant est attendu en milieu de journée à Ames dans l'Iowa (centre), puis Fort Collins au Colorado (ouest).

Il conclura mercredi sa tournée par Charlottesville en Virginie (est).

Ces trois Etats font partie de la douzaine sur 50 qui pourraient faire la différence lors de la présidentielle du 6 novembre et sont donc inlassablement arpentés par MM. Romney et Obama.

Ce dernier a déjà passé à la mi-août trois journées dans l'Iowa, un territoire rural qui est considéré comme l'une des clés du scrutin avec sa population très majoritairement blanche, un groupe que M. Obama peine à séduire au plan national.

Il s'agit d'une région chère à son coeur puisque c'est là que sa candidature a été placée en orbite début 2008, après une première victoire surprise face à sa rivale Hillary Clinton lors des primaires démocrates.

M. Obama s'exprimera dans l'enceinte d'universités, gage de foules jeunes, compactes et enthousiastes dont les responsables de sa campagne espèrent des images contrastant avec les débats républicains.

La mobilisation des jeunes avait été l'un des facteurs déterminants en 2008 pour permettre à M. Obama d'accéder à la plus haute marche du pouvoir. Mais ce groupe semble cette année plus difficile à séduire après quatre années de crise économique.

Selon son équipe, M. Obama veut "discuter du choix des jeunes électeurs lors de cette élection, entre deux visions fondamentalement différentes de la façon de faire croître l'économie, en particulier en faisant en sorte qu'(ils) puissent se permettre de faire des études supérieures".

Michelle Obama jouera une partition complémentaire: la Première dame, dont la cote de popularité dépasse les 60%, participera mercredi soir à l'émission "Late Show" avec l'animateur David Letterman sur la chaîne CBS.

En occupant le terrain et les ondes, même si rien n'est jusqu'ici prévu le jour de l'intronisation formelle de M. Romney jeudi, le camp Obama rompt avec une tradition de courtoisie qui veut que les candidats se fassent discrets pendant la convention de leurs adversaires.

L'équipe Obama a d'ailleurs dévoilé lundi matin une vidéo de campagne moquant la convention de Tampa comme une tentative de M. Romney d'effectuer une "réinvention", son "seul espoir" de séduire l'électorat selon elle. "Ca ne marchera pas", ont affirmé les démocrates.

Encore la tempête Isaac a-t-elle contrarié les plans du vice-président Joe Biden, qui devait se rendre lundi à Tampa pour y prononcer un discours électoral mais y a renoncé.

L'équipe démocrate a écarté l'idée de laisser le champ libre dans les médias à M. Romney et ses alliés pendant leur convention, en soulignant que chaque journée comptait d'ici à l'élection. Cette attitude traduit aussi l'âpreté d'une course dont le résultat reste incertain.

Le président sortant conserve un très léger avantage dans les sondages, mais cet écart reste plus que jamais dans la marge d'erreur, alors que la reprise économique anémique donne du grain à moudre à M. Romney.

Les républicains ont eux aussi essayé mardi de marcher sur les plates-bandes de M. Obama en mettant en avant des statistiques montrant que "les jeunes Américains méritent mieux, bien mieux" que le président sortant.

"La moitié des nouveaux diplômés sont au chômage ou sous-employés", "Le taux de chômage des jeunes est le double de la moyenne" et "Le coût des études supérieures a augmenté de 25% en quatre ans", a affirmé le camp de M. Romney dans une infographie.

tq/sam

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