MONTRÉAL - La rentrée a été perturbée pour une deuxième journée mardi dans les deux universités francophones montréalaises. Et, comme lundi, il y a eu levée de cours à l'Université du Québec à Montréal et, à l'Université de Montréal, la police a encore dû intervenir.

À l'Université de Montréal, 12 personnes avaient été arrêtées au départ, mais finalement seulement six ont été formellement arrêtées, et ce, pour voies de fait.

L'échauffourée a eu lieu «entre des suspects, des agents de sécurité et des constables spéciaux», a précisé Ian Lafrenìere, responsable des relations avec les médias au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

C'est dans une classe de psychologie que l'échauffourée a éclaté, lorsqu'un groupe de jeunes est venu y ordonner la levée des cours. Il semble d'ailleurs s'agir d'une erreur, puisque les étudiants de psychologie n'avaient pas voté en faveur de la grève. Selon les témoignages recueillis sur place, le groupe visait plutôt la classe d'à côté, celle de cinéma, où les étudiants avaient bel et bien voté en faveur de la grève.

Le SPVM rapporte que cette fois, ce n'est pas la direction de l'université qui a appelé les policiers. M. Lafrenière a expliqué que depuis la semaine dernière, des policiers se tiennent à proximité des établissements, en prévention. «Ce sont vraiment des gens qui sont venus nous voir. Il s'agissait d'étudiants qui nous ont dit qu'il y avait une querelle au deuxième étage. Donc, on est montés. Il n'y a pas eu de demande de l'université ce matin», a-t-il précisé.

«Il y avait des agents de sécurité qui se faisaient pousser, rudoyer par des suspects», a-t-il résumé.

Un étudiant qui a participé à la levée des cours donne une tout autre version des faits.

«On a procédé à des levées de cours, mais on s'est fait prendre en souricière par des policiers, a témoigné Charles-Philippe Casgrain. Donc, même les personnes qui avaient envie de faire leurs besoins étaient bloquées. Ce sont des méthodes sordides, en ce sens qu'ils ont relâché l'accusation et nous ont laissé sortir. Mais ils maintiennent un climat de peur, certains nous font sentir coupables ou usent d'une sorte de violence, pas verbale ni physique, mais psychologique.»

Le jeune étudie d'ailleurs à l'UQAM, mais il était venu à l'UdeM pour «prêter main forte» à ceux qui voulaient débrayer et faire annuler certains cours. À l'UQAM, «c'est trop facile; il y a un climat bon enfant; les étudiants serrent la main des professeurs», a-t-il rapporté, pour justifier sa présence à l'UdeM.

À l'UQAM

À l'Université du Québec à Montréal, il y a eu levée de cours sans trop de problèmes. La police n'était pas présente dans l'établissement, mais les agents de sécurité y étaient nombreux.

Dès 8h, un groupe s'est réuni devant les bureaux d'une des associations étudiantes en grève et s'est divisé en sous-groupes de dix. Chaque sous-groupe recevait une liste de classes à visiter pour y faire annuler les cours.

Dans bien des cas, ces petits groupes se sont butés à des classes déjà vides; parfois une petite poignée d'étudiants s'y trouvait. Dans un seul cas, le cours était commencé. Et, voyant l'escouade arriver et entrer dans la classe, et affirmer que «le cours est levé», les étudiants ont refermé leur portable, rangé leurs choses et ont quitté.

Les quelque professeurs rencontrés semblaient sympathiques à la cause, certains s'arrêtant même pour discuter avec le leader étudiant du groupe et l'encourager.

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