POLITIQUE

Pauline Marois soupçonne François Legault de cacher des augmentations de tarifs d'électricité

28/08/2012 02:47 EDT | Actualisé 28/10/2012 05:12 EDT
PC

ROUYN-NORANDA, Qc - François Legault réserve aux Québécois des hausses de tarifs d'électricité bien plus importantes que ce qu'il laisse croire, soupçonne Pauline Marois.

Au terme d'une allocution devant les invités de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, mardi, la chef du Parti québécois (PQ) a dit suspecter l'existence «d'un plan secret» chez son vis-à-vis de la Coalition avenir Québec (CAQ).

«Est-ce qu'il a un plan secret qui va plus loin du côté d'Hydro? Moi je pose la question», a lancé Mme Marois, qui dirige désormais ses attaques presque exclusivement contre son adversaire caquiste.

En plus d'appuyer la hausse des tarifs du bloc patrimonial d'électricité prévue au budget Bachand — 377 $ par famille par année à terme — le leader de la CAQ aurait en main «des études secrètes» pour justifier des augmentations supplémentaires, a soulevé la chef péquiste.

«Il nous dit qu'il a des études secrètes et vous savez, M. Legault a toujours souhaité qu'on augmente les tarifs d'électricité. Il trouvait que je manquais de courage parce que je ne le faisais pas», a-t-elle allégué, faisant allusion à l'époque où elle était ministre des Finances au sein du même gouvernement péquiste que M. Legault.

En campagne en Montérégie, le chef de la CAQ a saisi la perche que lui tendait un sympathisant pour répliquer et mettre en garde les électeurs contre les campagnes de peur de ses adversaires politiques.

«Préparez-vous à ça, dans les sept prochains jours, le Bonhomme Sept Heures va sortir, ça fait juste commencer», a dit M. Legault, qui s'attend à être la cible constante des libéraux et péquistes d'ici au scrutin du 4 septembre.

De fait, dans son discours devant les gens d'affaires — dans lequel elle a à peine fait allusion au projet souverainiste — Mme Marois s'est appliquée à miner la crédibilité de M. Legault en matière d'économie et de fiscalité.

Loin d'être un fin gestionnaire, le leader de la CAQ est dépensier, manque de courage et veut freiner le développement économique en sabrant jusqu'à deux milliards $ dans les crédits d'impôt, a-t-elle fait valoir.

«Tous ces crédits d'impôt qui ont fait le succès économique de Montréal, la CAQ veut les faire disparaître. Pour les PME c'est encore pire, M. Legault voudrait abolir le taux réduit d'imposition. On parle de 468 millions $ de fardeau supplémentaire pour nos petites et moyennes entreprises», a soutenu Mme Marois.

La chef péquiste a aussi reproché à M. Legault ses nombreuses promesses électorales dont le coût total est évalué à 3,6 milliards $, un montant presque quatre fois supérieur aux engagements du PQ.

«Maintenant, je vais vous surprendre. Alors que je surveillais la CAQ dans mon rétroviseur de droite, figurez-vous que je me suis fait dépasser sur ma gauche», a-t-elle ironisé devant une audience polie et plutôt réservée.

Pour prouver qu'elle est capable de tenir serrée la bourse des contribuables, Mme Marois s'est affichée comme l'une des artisanes du déficit zéro aux côtés de Lucien Bouchard, une opération qui nécessitait un courage que François Legault n'a pas, selon elle.

«Je me suis fait beaucoup reprocher le déficit zéro depuis 15 ans mais je n'ai jamais renié ces décisions qui ont demandé beaucoup de courage. M. Legault ne manque jamais une occasion de renier le déficit zéro du gouvernement Bouchard, cette attitude manque cruellement de courage», a-t-elle dit

En fin de journée, la chef du Parti québécois a pris un vol pour l'Abitibi-Témiscamingue — trois circonscriptions — pour une visite de 24 heures.

À l'occasion d'une assemblée militante devant plus de 250 personnes à Rouyn-Noranda, Mme Marois en a remis une couche sur François Legault, l'accusant de vouloir replonger aussitôt le Québec en élection si le PQ forme un gouvernement minoritaire.

«Il veut forcer la tenue d'une élection si les Québécois choisissaient un gouvernement minoritaire. Quelle irresponsabilité, quelle immaturité (...). On gaspillerait 80 millions $ pour une autre élection parce que le monsieur n'est pas content», a-t-elle clamé.

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