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Loi spéciale : les enseignants manifestent à Toronto

28/08/2012 08:18 EDT | Actualisé 28/10/2012 05:12 EDT

De deux à trois milliers d'enseignants sont rassemblés, mardi midi, devant l'Assemblée législative à Toronto, pour protester contre le projet de loi spéciale déposé par le gouvernement provincial.

Cette loi imposerait un gel de salaire de deux ans aux enseignants, en plus de les empêcher de faire la grève durant cette période.

Les protestaires ont des affiches rouges où est inscrit le message « Négocier, pas légiférer » à l'endroit du gouvernement.

Des leaders syndicaux ont accusé, mardi, les libéraux de les avoir trahis. Ils laissent entendre qu'ils n'appuieront pas à nouveau le premier ministre Dalton McGuinty lors des prochaines élections.

La ligne dure adoptée par le premier ministre à l'endroit des enseignants constitue un revirement majeur pour son gouvernement. Celui-ci avait fait de l'éducation et de la bonne entente dans les écoles une de ses grandes priorités depuis son élection en 2003. Les libéraux s'étaient alors fait élire en partie grâce à leur promesse de mettre fin aux grèves dans les écoles, après des années de tensions sous le gouvernement conservateur de Mike Harris.

À l'heure actuelle, seuls les enseignants des écoles catholiques anglaises et ceux des écoles françaises ont conclu une entente de principe avec la province pour le renouvellement des conventions collectives.

Les syndicats récalcitrants, soit les fédérations des enseignants des écoles publiques anglaises, menacent de traîner le gouvernement libéral devant les tribunaux, jusqu'en Cour suprême, si le projet de loi est adopté. Ils affirment que cette loi spéciale violerait leur droit de négociations.

Rentrée

De son côté, la ministre de l'Éducation, Laurel Broten, souhaite que le projet de loi soit adopté avant la fin de la semaine, pour précéder la rentrée scolaire.

La ministre a accepté certains amendements. Le gouvernement libéral minoritaire apporte ces changements afin de s'assurer le soutien du parti conservateur, essentiel à l'adoption du projet de loi.

Les libéraux affirment, toutefois, que leurs concessions sont accessoires. Des mesures relatives à l'embauche des enseignants ont été retirées. Par contre, la ministre Broten tient à ces mesures et il les mettra en place en présentant un arrêté au Conseil des ministres.

Le premier ministre Dalton McGuinty avait rappelé les députés à l'Assemblée législative lundi, soit deux semaines plus tôt que prévu.

Laurel Broten explique qu'elle veut éviter que la rentrée, après la fête du Travail, ne soit perturbée par une grève des enseignants. Elle reproche aux syndicats des enseignants des écoles publiques anglaises, qui continuent à défier le gouvernement et son gel salarial, d'avoir quitté la table des négociations.

Pour leur part, les fédérations des enseignants anglophones du secteur public affirment que leurs membres n'ont aucune intention de débrayer à la rentrée.

Le syndicat des enseignants anglophones du secondaire, qui a choisi de négocier directement avec les différents conseils scolaires, a d'ailleurs remis à plus tard le vote de grève qu'il devait tenir, affirmant que les négociations avancent avec les conseils. Selon le président de ce syndicat, la loi spéciale n'est pas nécessaire.

Conflit sur fond de partielles

Selon les syndicats récalcitrants, les libéraux tentent de créer une crise en éducation et de jouer les durs afin de courtiser les électeurs de droite en prévision des élections partielles du 6 septembre.

Ces scrutins sont cruciaux parce qu'ils pourraient permettre au premier ministre, Dalton McGuinty, de regagner une majorité à l'Assemblée législative.

Pour sa part, la chef néo-démocrate, Andrea Horwath, confirme que son parti s'opposera au projet de loi spéciale. Elle accuse le gouvernement d'avoir deux poids deux mesures en continuant à accorder des primes aux hauts fonctionnaires.

Les conservateurs, eux, ont promis de ne pas empêcher l'adoption de la loi spéciale, soit en votant pour, soit en s'abstenant. Le chef conservateur, Tim Hudak, qui réclame un gel salarial pour l'ensemble des secteurs publics et parapublics, dit qu'il ne veut pas laisser les enseignants « s'en tirer ».

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