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Les anti-avortement s'en remettent à Mitt Romney à la convention de Tampa

28/08/2012 05:42 EDT | Actualisé 28/10/2012 05:12 EDT

Si leurs "héros" ultraconservateurs n'ont pas réussi à décrocher l'investiture du parti républicain, les opposants à l'avortement n'en restent pas moins bien présents à la convention de Tampa (Floride) et s'en remettent à Mitt Romney, seul capable de "sauver l'Amérique".

Phyllis Schlafly, voix grave et impérieuse, permanente soignée et robe courte multicolore, n'en est pas à son première convention. Cette année encore, la présidente et fondatrice de la Coalition nationale républicaine pour la vie a réuni ses membres pour célébrer ses "héros" anti-avortement.

De ces quatre "héros", trois sont d'anciens candidats malheureux à l'investiture --Rick Santorum, Michele Bachmann, Rick Perry-- et Phyllis Schlafly tenait à les remercier d'avoir "chéri la vie" en toutes circonstances.

Moyennant 100 dollars --ou 275 dollars pour l'option VIP, avec possibilité de faire des photos avec les "héros"-- les "pro-life" (anti-avortement) ont pu participer à cet événement privé organisé à l'aquarium de Tampa, à un jet de pierre du Tampa Bay Forum, où se tient la convention républicaine.

Badges clignotants "Pro-Life" à la boutonnière, pin's anti-Obama au revers du veston, les invités --d'un âge globalement avancé-- se partagent un buffet plutôt modeste en écoutant les chants patriotiques d'un groupe en direct.

L'opposition à l'avortement "est une conviction fondamentale, au moins au parti républicain", explique à l'AFP Leonard Spearman, venu tout exprès de Houston (Texas, sud). "Organiser ce genre d'événement permet à chacun de recharger à fond ses batteries avant d'aller à la convention".

Et d'y répandre la pensée ultraconservatrice en matière d'avortement, résumée ainsi par Phyllis Schlafly: "Cela ne devrait faire peur à personne, nous disons seulement que nous respectons le droit fondamental et individuel à la vie".

Parmi la petite foule arborant des chemises aux couleurs du drapeau américain, dans laquelle des vigiles zélés vérifient que ne s'est glissé aucun journaliste --la presse est aimablement mais fermement cantonnée derrière un cordon de sécurité-- d'autres ont un langage moins policé.

"Le parti démocrate est le parti de l'avortement. Un parti d'assassins de vies innocentes. Ce sont des extrémistes. Ils veulent l'avortement à la demande, même dans les derniers mois de grossesse", affirme Cleta Mitchell, présidente de l'association nationale des avocats républicains.

Privés de leurs champions ultraconservateurs, les "pro-life" ont dû s'en remettre à Mitt Romney, avec un enthousiasme variable.

Quand on demande à M. Spearman s'il pense que Mitt Romney est bien placé pour défendre les opposants à l'avortement, son regard se perd dans sa salade de fruits à peine entamée. Et après un long silence, il assure: "Aujourd'hui, oui. C'est le candidat du parti républicain. Et il faut sauver l'Amérique".

Betty Badcock, une amie de jeunesse de Phyllis Schlafly qui a participé à sa première convention en 1952, avec Eisenhower, n'a pas de problème de conscience. "Quoi qu'il en soit, nous devons faire élire Mitt Romney".

rr/lb/sam

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