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Investissements étrangers: Charest tire de son jeu la carte canadienne

28/08/2012 04:22 EDT | Actualisé 28/10/2012 05:12 EDT

FRAMPTON, Qc - À une semaine du vote, Jean Charest tire de son jeu la carte canadienne, pour convaincre les Québécois de l'appuyer le 4 septembre.

En entrevue à La Presse Canadienne, mardi, à bord de son autocar de campagne de passage en Beauce, M. Charest a insisté pour dire combien le Québec tirait profit de la très forte réputation du Canada à l'étranger sur le plan de l'économie.

Or, à ses yeux, cet avantage est compromis si Pauline Marois ou François Legault prend le pouvoir la semaine prochaine.

L'appartenance au Canada constitue un des principaux arguments à faire valoir pour rendre le Québec séduisant aux yeux des étrangers, assure le chef libéral, qui est, de tous les premiers ministres des dernières décennies, celui qui a effectué le plus grand nombre de missions économiques à l'étranger.

Cette carte-maîtresse du Québec, que Jean Charest n'hésite jamais à brandir, elle risque de disparaître, selon lui. En raison de leur propension à privilégier les «chicanes» avec Ottawa, Mme Marois et M. Legault «vont se couper de ce lien canadien qui actuellement, aujourd'hui, nous permet à nous d'aller encore plus loin dans notre pouvoir d'attraction pour l'investissement», prédit-il.

Ainsi, «Mme Marois et M. Legault vont se priver d'une carte canadienne qui joue en ce moment beaucoup en faveur du Québec», a soutenu le chef libéral, qui a fait de l'économie et l'emploi ses chevaux de bataille électorale.

Cette perspective l'inquiète, puisque le Québec, avec une population de seulement huit millions de personnes, a besoin pour s'épanouir sur le plan économique d'avoir accès à divers marchés partout sur la planète.

«Ça m'inquiète parce qu'on se prive de quelque chose d'important», dit M. Charest, qui se montre serein et toujours confiant de l'emporter le 4 septembre, malgré les sondages dévastateurs qui placent son parti en troisième place.

Pour sa part, durant ses nombreux voyages à l'extérieur, Jean Charest dit ne pas s'être gêné pour utiliser à fond la «carte canadienne» comme un levier pour attirer des investisseurs.

Il ne voit d'ailleurs pas de contradiction entre le fait de se présenter à l'étranger en montrant à la fois une carte de visite québécoise et une autre canadienne.

«On fait les deux en même temps. Un appuie l'autre. Un est en soutien à l'autre. Un renforce l'autre», plaide-t-il.

Les différences d'approche entre lui et ses deux adversaires quant au rapport entretenu avec le reste du Canada lui paraissent fondamentales. Par exemple, il tient pour acquis qu'aucun de ses adversaires n'arriverait, comme il a fait en 2007, à conclure une entente avec l'Ontario sur la mobilité des travailleurs de la construction entre les deux provinces.

«C'est le genre de choses que moi je suis capable de faire et que ni M. Legault, ni Mme Marois feront», selon lui.

Durant l'entrevue, il a continué à marteler son message des dernières semaines, à savoir que le Québec avait besoin de stabilité politique pour se maintenir en santé économique.

«Nous vivons dans un monde d'incertitude économique qui est très, très, très importante actuellement», rappelle M. Charest, en disant que le Québec n'avait pas besoin «d'ajouter à cela l'incertitude politique», qu'il associe à la chef péquiste pressée de tenir un référendum sur la souveraineté.

«Nous avons besoin de prévisibilité», ajoute le chef libéral, estimant avoir fait le bon choix de miser sur l'économie et l'emploi pour obtenir un quatrième mandat de suite de la population.

C'est l'économie «qui rend le reste possible, incluant les questions d'identité», fait-il valoir, réfutant les arguments de ceux qui pourraient croire que son parti a mis de côté les préoccupations liées à la question nationale et identitaire.

L'enjeu du 4 septembre portera plutôt sur la stabilité, car «les gens ont besoin d'être rassurés», selon lui.

Il s'engage à respecter le verdict de la population et à ne pas chercher à précipiter une nouvelle élection, si jamais un gouvernement minoritaire était porté au pouvoir la semaine prochaine, comme semblent indiquer les plus récents sondages.

Sur la question de l'intégrité, un des enjeux de la campagne, il dit n'éprouver aucun regret de ne pas avoir mis sur pied plus tôt la Commission Charbonneau chargée de faire la lumière sur les allégations de collusion et de corruption dans l'industrie de la construction, et ce, malgré le fait que la réputation de son gouvernement a été salie au cours des dernières années.

«Non, je ne le regrette pas», assure-t-il, accusant Pauline Marois d'avoir «délibérément» dénigré son gouvernement, sans fondement et sans preuves.

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