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Gambie: appel à "l'isolement total" de Jammeh, un "cas dangereux de folie" (ONG)

28/08/2012 07:57 EDT | Actualisé 28/10/2012 05:12 EDT

La Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme (Raddho), une ONG basée à Dakar, a estimé que le président gambien Yahya Jammeh présente "un cas de folie dangereux pour l'Afrique" et a demandé son "isolement total", mardi après l'exécution de neuf condamnés à mort dont une femme en Gambie.

"Nous sommes totalement abasourdis par cette nouvelle. Yahya Jammeh vient de lancer un défi à l'Afrique et à la communauté internationale. Il est resté totalement sourd" aux appels à renoncer aux exécutions de condamnés à mort, a déclaré à l'AFP le président sénégalais de la Raddho, Alioune Tine.

"C'est un cas de folie à la tête d'un Etat, un paranoïaque à la tête de la Gambie et c'est dangereux pour l'Afrique", selon lui.

"Nous devons relever le défi et procéder à un isolement total de Yahya Jammeh comme on avait fait avec (Jean-Bedel) Bokassa et Idi Amin Dada (défunts dictateurs centrafricain et ougandais) pour se débarrasser du régime de Jammeh, a encore estimé M. Tine.

Le responsable de l'ONG panafricaine a demandé à l'Union africaine de "ne plus tenir de réunions de la Commission africaine (des droits de l'Homme et des peuples) en Gambie et de déménager" le siège de cette institution de l'UA hors de Banjul.

Lundi soir, le ministère gambien de l'Intérieur a indiqué que neuf prisonniers, dont une femme et d'anciens militaires, condamnés à mort par la justice locale, ont été fusillés par un peloton d'exécution dimanche, en dépit de multiples protestations et appels internationaux à y renoncer.

Dans un message à la nation diffusé les 19 et 20 août, le président Jammeh avait annoncé que tous les prisonniers condamnés à mort dans son pays seraient exécutés "avant mi-septembre".

Ancien militaire, Yahya Jammeh, 47 ans, dirige d'une main de fer son pays depuis qu'il a été porté au pouvoir en 1994 par un putsch puis élu et réélu. Il se pose en homme aux pouvoirs mystiques et se dit notamment capable de "guérir" le sida et la stérilité par des plantes et des incantations.

Sa déclaration avait suscité l'émoi et l'inquiétude au sein des ONG de défense des droits humains et de plusieurs pays et institutions, lui demandant d'y renoncer.

Amnesty International s'est également déclarée mardi "consternée", notant que "la peine de mort est toujours la négation absolue des droits de l'Homme".

mrb/cs/jms

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