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Des opposants réunis à Damas veulent un changement de régime non violent

28/08/2012 01:24 EDT | Actualisé 28/10/2012 05:12 EDT

Une vingtaine de partis et de mouvements politiques issus de l'opposition non violente au régime de Bachar al-Assad ont affirmé mardi à Damas vouloir établir un régime démocratique sans recourir aux armes, afin d'éviter que la Syrie ne se transforme en champ de ruines.

"Nous sommes confrontés à deux parties qui utilisent la violence mais l'emploi des armes conduit à l'impasse", a déclaré Raja al-Nasser, coordinateur de cette conférence nationale, au cours d'une conférence de presse au siège de l'une de ces formations tolérées par le régime.

Lancé par des manifestations de grande ampleur contre le régime de Bachar al-Assad, le mouvement de contestation, qui fait face depuis plus de 17 mois à une répression impitoyable, s'est progressivement transformé en rébellion armée.

Opposée tant au régime qu'à l'opposition armée, cette vingtaine de partis et de mouvements politiques a l'intention d'organiser une conférence le 12 septembre à Damas sous le slogan "Pour un changement démocratique qui maintient l'unité et la souveraineté de la patrie et préserve la paix civile".

Pour M. Nasser, opposant de longue date et secrétaire général du Comité de coordination pour le changement national et démocratique (CCCND, basé à Damas), "le régime a employé la quasi-totalité de sa force sur le terrain sans pouvoir vaincre l'opposition armée qui de son côté n'a enregistré aucune victoire".

"Cette impasse est notre arme pour convaincre les gens que la violence est inutile et qu'il faut prendre en considération la solution politique", a-t-il expliqué aux journalistes.

"L'opposition armée a utilisé les armes comme un moyen d'autodéfense légitime et je suis convaincu que si le régime met fin à sa violence, l'opposition déposera les armes", a estimé M. Nasser.

Favorables à un "renversement radical mais non violent" du régime, ces groupes sont en désaccord avec le Conseil national syrien (CNS, principale coalition de l'opposition) et avec l'Armée syrienne libre (ASL, composée de déserteurs et de civils ayant pris les armes), partisans d'une intervention étrangère.

"Ce congrès vise à mettre en valeur la voix de l'oppostion de l'intérieur car c'est bien l'intérieur qui souffre et c'est à cette souffrance qu'il faut trouver une solution", a souligné M. Nasser.

L'écrivain Louaï Hussein, président du courant "Construire la Syrie", s'est dit convaincu que les "Syriens ne sont pas assoiffés de vengeance personnelle et que la plupart de ceux qui ont perdu leurs enfants ou leurs maisons sont prêts à accepter des solutions qui vont dans l'interêt de la patrie et mettent fin aux destructions".

Pour ce directeur d'une maison d'édition qui a passé sept ans sous les verrous, "il n'y pas d'autres issues que de trouver une solution politique, mais cela ne veut pas dire que nous allons pardonner au pouvoir, ni l'accepter".

"Aujourd'hui en Syrie, la guerre civile n'est pas d'ordre confessionnel mais entre partisans et opposants du régime", a estimé M. Hussein.

Les organisations, qui se réuniront le 12 septembre à Damas, "refusent toute intervention militaire étrangère et condamnent les massacres sauvages et la destruction méthodique employés pour réprimer la révolte populaire", selon leur communiqué lu à la presse.

"Le danger c'est la continuité de ce régime tyrannique qui a choisi la solution militaire et dont le résultat est la destruction complète de l'Etat, la dislocation de l'unité du pays et la décomposition de la société, qui a ouvert la voie à la guerre civile", ajoute le texte.

Depuis la mi-mars 2011, selon une ONG syrienne, plus 25.000 personnes ont péri dans les violences qui ravagent l'ensemble du pays.

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