POLITIQUE

Charest tempère sa position sur la loi 101 dans les entreprises fédérales

28/08/2012 11:52 EDT | Actualisé 28/10/2012 05:12 EDT
CP

SAINTE-JUSTINE, Qc - Craignant de déplaire au vote anglophone, Jean Charest a fait marche arrière, mardi, sur l'éventualité d'une discussion avec Stephen Harper en vue d'étendre les dispositions de la loi 101 aux entreprises de juridiction fédérale.

En campagne en Beauce, le chef libéral s'est ravisé sur ce sujet sensible pour la communauté anglophone du Québec. «Je pense que les (institutions fédérales) doivent refléter la priorité que nous avons de parler les deux langues», a-t-il tranché, une position allant en contradiction avec celle tenue la veille.

Il a surtout insisté sur le fait que l'enjeu de la langue ne devait pas «diviser» les Québécois, mais plutôt faire «consensus».

«Je n'ai pas mis dans mes cartons une réouverture de la loi 101, ce n'est pas ça que je propose pendant la campagne électorale, mais je veux travailler partout, tout le temps, au renforcement de la langue française», a-t-il voulu préciser.

«Est-ce que ça exige qu'on ouvre la Loi sur les langues officielles? Non», a-t-il ajouté plus tard au cours d'un second point de presse.

C'est qu'il s'était avancé lundi sur un chemin qu'il n'emprunte pas souvent en indiquant qu'il était prêt à se rendre à Ottawa pour «discuter» de l'application de la Charte de la langue française au Québec dans les milieux de travail qui relèvent de la juridiction fédérale, comme les banques et les transports interprovinciaux.

«Je pense qu'on peut très bien s'asseoir avec le fédéral pour voir de quelle façon le gouvernement fédéral devrait participer à ce consensus québécois sur la façon dont nous voulons traiter notre langue au Québec», avait-il alors soutenu.

Le leader du Parti libéral du Québec (PLQ) était allé jusqu'à affirmer qu'après avoir voté pour reconnaître le Québec comme une nation, Ottawa devait désormais donner un «sens aux mots».

Ces commentaires ont suscité une avalanche de critiques de la part de la communauté anglophone du Québec sur Internet.

En revenant sur sa position de la veille, M. Charest a malgré tout nié être en train de reconsidérer sa promesse en vue de ne pas froisser la communauté anglophone. «Je vois pas ça du tout sur cet angle-là», a-t-il assuré, ajoutant que les électeurs étaient davantage intéressés aux enjeux «de fond» comme l'emploi et l'économie pour cette campagne.

Traditionnellement attachés au PLQ, les anglophones sont également courtisés par le chef caquiste François Legault, qui a confié en cours de campagne qu'il voterait non à un éventuel référendum.

Sprint final

Pour les derniers jours de campagne précédant le scrutin du 4 septembre, Jean Charest ne promet pas de «lapin sorti du chapeau», martelant son message traditionnel selon lequel le Parti québécois (PQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ) représentent un «risque» pour les Québécois.

Il s'en est pris particulièrement à François Legault qui ne cherche à son avis qu'à se quereller, que ce soit en se mettant à dos les médecins, les pharmaciens, les jeunes ou les employés d'Hydro-Québec. Selon M. Charest, ces «chicanes au Québec» se traduiront en «chômage au Québec».

Le chef libéral a profité de son séjour en Beauce pour rendre visite à une série d'entreprises où il a vanté sa plateforme économique aux patrons et employés.

Il a dit se réjouir d'une chose: les électeurs qui vont à sa rencontre ne doutent jamais que le PLQ est le champion des questions économiques, à son avis.

«Les gens reconnaissent spontanément que notre gouvernement a livré la marchandise sur le plan de l'économie. Personne ne conteste le bilan économique de notre gouvernement. Personne.»

Il prendra mercredi la route pour sa circonscription de Sherbrooke une cinquième fois depuis la veille du déclenchement de la campagne électorale, un signe qu'il sent son siège menacé. Les sondages donnent son adversaire péquiste Serge Cardin en avance.

«On visite autant de régions que possible au Québec», a expliqué M. Charest, rappelant qu'il était né, avait grandi et avait rencontré son épouse dans cette ville.

«Je ne tiens pas pour acquis mon élection à Sherbrooke pas plus qu'ailleurs au Québec, pas plus qu'ici dans le comté de Bellechasse. Il faut gagner la confiance des gens partout.»

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