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Arafat: les Palestiniens se disent satisfaits, Israël "pas concerné"

28/08/2012 01:16 EDT | Actualisé 28/10/2012 05:12 EDT

L'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas s'est félicitée mardi de l'ouverture à Paris d'une enquête judiciaire pour assassinat concernant le décès de Yasser Arafat en 2004.

"Nous saluons cette décision", a déclaré à l'AFP le négociateur palestinien Saëb Erakat, en précisant que le président Abbas a "officiellement demandé au président français François Hollande de nous aider à enquêter sur les circonstances du martyre de l'ancien président Arafat."

L'ouverture de cette instruction fait suite au dépôt d'une plainte contre X pour assassinat avec constitution de partie civile le 31 juillet par Souha Arafat, la veuve du chef de l'Autorité palestinienne, mort le 11 novembre 2004 à l'hôpital militaire français Percy de Clamart, près de Paris.

Ce dépôt de plainte était consécutif à la découverte de polonium, une substance radioactive hautement toxique, sur des effets personnels de l'ex-dirigeant palestinien, qui a relancé la thèse d'un empoisonnement.

M. Erakat a exprimé l'espoir que "l'on parviendra à connaître toute la vérité sur la mort d'Arafat et ce qui se cache derrière".

"Nous espérons que l'enquête française répondra à notre désir de vérité et qu'il y aura une sérieuse investigation pour faire toute la lumière sur le martyre d'Arafat, en plus d'une enquête internationale afin d'identifier toutes les parties impliquées", a ajouté M. Erakat.

La direction palestinienne a demandé une commission d'enquête internationale sur le modèle de celle formée après l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri en 2005.

De son côté, le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a affirmé qu'Israël "n'est pas concerné" par l'ouverture de cette enquête judiciaire en France.

"Israël ne se sent pas concerné par cette enquête malgré des accusations farfelues portées contre nous", a affirmé Yigal Palmor, tout en disant "espérer que cette enquête fera toute la lumière sur cette affaire".

Le neveu de Yasser Arafat, Nasser al-Qidwa, a récemment accusé jeudi Israël de l'avoir empoisonné au polonium, exigeant que "les responsables de cet assassinat soient jugés".

Le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu a aussitôt réaffirmé qu'"Israël n'était pas impliqué dans la mort d'Arafat".

Assiégé depuis avril 2002 dans le bâtiment de la présidence à Ramallah par l'armée d'Israël qui poussait à son éviction, Yasser Arafat n'en était sorti que pour aller se faire soigner en France, où il est décédé le 11 novembre 2004.

Au lendemain de sa mort, les spéculations sur un empoisonnement par Israël, alimentées par des déclarations de plusieurs hauts responsables palestiniens, n'avaient cessé d'enfler chez les Palestiniens.

Nombre de Palestiniens sont toujours persuadés que leur ancien chef historique, qui avait échappé à plusieurs tentatives d'assassinat et même à un crash d'avion, a été empoisonné, soulignant notamment la rapide détérioration de son état de santé avant son décès.

bur-agr/sb

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