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Amnesty International "consternée", demande l'arrêt des exécutions en Gambie

28/08/2012 07:21 EDT | Actualisé 28/10/2012 05:12 EDT

L'organisation Amnesty International s'est déclarée mardi "consternée" par l'exécution de neuf condamnés à mort en Gambie qui, selon le gouvernement gambien, ont été fusillés dimanche et demande qu'"aucune nouvelle exécution n'ait lieu".

"Nous sommes consternés de voir que les autorités gambiennes ont effectué les neuf exécutions et nous les exhortons à faire en sorte qu'aucune nouvelle exécution n'ait lieu", a déclaré Paule Rigaud, directrice adjointe du programme Afrique d'Amnesty International dans un communiqué reçu par l'AFP à Dakar.

Lundi soir, le ministère gambien de l'Intérieur avait annoncé que neuf prisonniers, dont une femme et d'anciens militaires, condamnés à mort par la justice gambienne, avaient été fusillés par un peloton d'exécution dimanche. Il avait publié la liste des neuf personnes, en expliquant que toutes avaient épuisé leurs voies de recours, et avait averti: "Toutes les peines prescrites par la loi seront appliquées à la lettre, y compris la peine de mort".

Pour Mme Rigaud d'Amnesty, "la peine de mort est toujours la négation absolue des droits de l'Homme".

Dans le cas des neuf fusillés dimanche, "le gouvernement a aggravé l'inhumanité en donnant peu ou pas de préavis aux détenus ou à leurs familles. Les autorités gambiennes doivent immédiatement restituer les corps des détenus à leurs famille, et déclarer un moratoire sur la peine de mort", a-t-elle ajouté.

Aucune réaction n'avait pu être obtenue mardi à Banjul à l'annonce officielle de la mise à mort des neuf prisonniers. La crainte et la peur régnaient dans la ville, où étaient déployés plusieurs policiers en civil et personne ne souhaitait aborder le sujet, de peur d'avoir affaire à un agent de renseignement, selon un journaliste de l'AFP.

Certains responsables de l'opposition n'étaient pas joignables, d'autres ont décliné tout commentaire dans l'immédiat.

Dans un message à la Nation diffusé les 19 et 20 août par les médias publics, le président gambien Yahya Jammeh avait annoncé que tous les prisonniers condamnés à mort dans son pays seraient exécutés "avant mi-septembre", sans préciser de calendrier et le nombre de personnes concernées.

D'après un décompte de l'AFP, depuis juillet 2010, 47 personnes au total ont été condamnées à mort dans ce pays anglophone que dirige Yahya Jammeh d'une main de fer depuis 18 ans.

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