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Alzheimer: les amis d'une sénatrice défendent sa décision de rester au travail

28/08/2012 11:33 EDT | Actualisé 28/10/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Les amis et les collègues d'une sénatrice libérale atteinte d'alzheimer demandent qu'elle soit traitée avec respect par les critiques alors qu'elle quitte son poste, défendant la décision qu'elle a prise d'assumer ses fonctions au sein de la Chambre haute le plus longtemps possible en dépit de sa maladie.

Joyce Fairbairn ne reviendra pas au Sénat lorsqu'il reprendra du service cet automne. Le personnel de la colline parlementaire s'attendait depuis un moment à son départ, mais ses proches ont eu de la difficulté à déterminer quand et comment la politicienne de 73 ans prendrait sa retraite.

Le sénateur libéral Jim Munson, un ami et collègue de longue date de Mme Fairbairn, a fait valoir qu'il était contraire à l'éthique et à la morale de retirer brutalement quelqu'un de son milieu de travail. Il a ajouté que la sénatrice, comme beaucoup d'autres gens souffrant d'alzheimer, méritait d'être mieux traitée.

Malgré une déclaration d'incapacité émise en février, Joyce Fairbairn a elle-même insisté pour demeurer en poste plutôt que de retourner chez elle à Lethbridge, en Alberta. Le Parlement était sa zone de confort puisqu'elle y a travaillé pendant près de 50 ans, d'abord comme journaliste puis comme adjointe du premier ministre Pierre Elliott Trudeau et leader du gouvernement au Sénat.

Mme Fairbairn est veuve. Elle a une nièce qui vit en Afrique et qui est responsable d'elle. L'un de ses amis de Lethbridge et ses employés l'aident à gérer son quotidien.

Cette situation a soulevé des questions à savoir s'il était approprié que quelqu'un dans son état puisse continuer à voter sur des projets de loi et à dépenser les fonds publics.

Selon M. Munson, qui est le whip du Parti libéral au Sénat, il ne fait aucun doute que Joyce Fairbairn était en mesure de comprendre le contenu des projets de loi et sur quoi elle votait. Il n'est pas d'accord avec ceux qui laissent entendre que le parti a délibérément gardé la dame en poste pour ne pas perdre un siège dans la Chambre haute.

«De mon point de vue, avec la majorité conservatrice, ce n'est pas un vote qui ferait la différence, mais le vote de la sénatrice Fairbairn a fait une différence pour moi, a affirmé Jim Munson. Elle était bien préparée, prête à voter et savait ce qu'elle faisait.»

Le cas de Joyce Fairbairn a attiré l'attention sur une problématique vécue par des dizaines de milliers de travailleurs. La démence touche un demi-million de Canadiens, un nombre qui devrait atteindre 1,1 million d'ici 2038.

Mary Schulz, directrice de l'éducation pour la Société d'Alzheimer du Canada, a déclaré que la maladie pouvait avoir un impact sur différentes habiletés selon les circonstances.

«Vous pouvez être compétent dans un domaine et incompétent dans un autre. Par exemple, vous pouvez être capable de décider ce que vous allez manger pour souper, mais pas de gérer vos finances, a-t-elle expliqué. C'est complexe, ça fluctue et ce n'est pas noir ou blanc.»

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