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Algérie: le procès d'un militant des droits de l'Homme ajourné (avocat)

28/08/2012 11:16 EDT | Actualisé 28/10/2012 05:12 EDT

Le procès prévu mardi du militant des droits de l'Homme Abdelkader Kherba, arrêté lors d'une manifestation contre les coupures d'eau dans sa ville proche de Médéa (100 km au sud d'Alger), a été reporté au 4 septembre à la demande de la défense, a annoncé son avocat.

En grève de la faim depuis son arrestation pour dénoncer sa détention, "abusive" selon lui, M. Kherba, 32 ans, est apparu mardi au tribunal dans "un état très faible", a déclaré à l'AFP par téléphone son avocat Kouceila Zerguine, membre du Réseau des avocats pour la défense des droits de l'Homme.

"Le procès d'Abdelkader Kherba a été reporté au 4 septembre", a-t-il dit, ajoutant que le tribunal avait refusé une remise en liberté du militant jusqu'à son procès.

La défense, a-t-il indiqué, souhaite présenter des témoins absents du tribunal mardi à Ksar el-Boukhari, où le militant doit être jugé pour "outrage à un représentant de l'autorité".

"Un agent d'accueil a déposé plainte contre Kherba pour insultes après qu'il lui a interdit le 3 juin de rencontrer le secrétaire général de la daïra (sous-préfecture) sans rendez-vous", selon le procès-verbal d'audition cité par Me Zerguine.

"Nous avons des témoins, a-t-il ajouté, pour dire que Kherba n'était pas à Ksar el-Boukhari le 3 juin et qu'il a passé toute la journée à Médéa pour l'installation du Comité national de défense des droit des chômeurs" (CNDDC) dont il est membre.

Egalement militant à la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'Homme (LADDH), M. Kherba avait été arrêté le 21 août alors qu'il filmait une manifestation contre les coupures d'eau courante, un phénomène général en Algérie. Un policier l'en avait empêché par la force et ils avaient échangé des invectives.

Selon Me Zerguine, sa comparution mardi "n'a rien à voir avec cette manifestation".

M. Kherba risque de deux mois à deux ans de prison et une amende de 10.000 euros, selon le Réseau.

Il a déjà été condamné en mai à Alger à un an de prison avec sursis et 20.000 dinars (200 euros) d'amende pour "incitation à attroupement et usurpation d'identité", après avoir participé à un sit-in de greffiers devant le Palais de justice.

Le Réseau des avocats pour la défense des droits de l'Homme a fait appel et un nouveau procès dans cette affaire est annoncé pour le 8 septembre.

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