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Afrique du Sud:Desmond Tutu boycotte Tony Blair, soutien de la guerre en Irak

28/08/2012 01:57 EDT | Actualisé 28/10/2012 05:12 EDT

L'archevêque noir sud-africain et prix Nobel de la paix Desmond Tutu a annulé mardi sa participation à une conférence en raison de la présence de l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair auquel il reproche son soutien à la guerre en Irak.

Dans un courrier aux organisateurs également transmis à la presse, Desmond Tutu a exprimé "ses regrets pour le désagrément et la déception causées aux organisateurs et participants du +Discovery Invest Leadership Summit+".

Cette conférence, prévue jeudi à Johannesburg, compte Tony Blair, l'ancien champion d'échec Gary Kasparov et le ministre sud-africain des Finances Pravin Gordhan parmi les orateurs annoncés de son édition 2012.

"L'archevêque a passé beaucoup de temps ces derniers jours à se débattre avec sa conscience et a demandé l'avis de proches conseillers concernant sa participation à cet évènement", ont ajouté ses services.

"Finalement, l'archevêque pense que la décision de M. Blair de soutenir l'invasion militaire des Etats-Unis en Irak sur la base d'allégations sans preuve de l'existence d'armes de destruction massives, était moralement indéfendable", selon le texte.

"La morale et le leadership sont indivisibles. Dans ce contexte, il serait inapproprié et intenable pour l'archevêque de partager la tribune avec M. Blair", selon cette lettre.

Tony Blair a regretté dans un communiqué que "l'archevêque ait décidé de se retirer maintenant d'un évènement prévu depuis des mois, et où l'archevêque et lui n'auraient en réalité pas partagé la tribune."

Lors de la conférence, Desmond Tutu devait prendre la parole jeudi, à la mi-journée, et Tony Blair doit s'exprimer dans l'après-midi.

"Concernant l'Irak, ils se sont toujours opposés sur le fait de chasser Saddam par la force, un désaccord qui fait partie d'une saine démocratie", a ajouté le bureau de Tony Blair.

L'ancien dirigeant britannique a rappelé que l'usage d'armes chimiques sous le régime de Saddam Hussein, notamment durant la guerre Iran-Irak, avait fait des milliers de morts, avant d'ajouter que "ces décisions ne sont donc jamais aisées, moralement ou politiquement".

Un petit parti musulman sud-africain, Al Jama-ah, a également appelé à manifester jeudi, en marge de la conférence, pour réclamer l'arrestation de Tony Blair pour crimes contre l'humanité.

clr/efr

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