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Afrique du Sud: forte présence policière mardi à la mine de Marikana

28/08/2012 03:33 EDT | Actualisé 27/10/2012 05:12 EDT

La police sud-africaine avait renforcé sa présence mardi aux abords de la mine de Marikana (nord) afin de protéger les quelques mineurs se rendant au travail, alors que devaient débuter des négociations visant à faire cesser deux semaines de grève sanglante.

Les forces de l'ordre, qui faisaient profil bas depuis que les policiers ont abattu 34 personnes le 16 août, sont revenues en nombre après que les grévistes eurent menacé les "jaunes" (les mineurs qui ne se joignent pas au mouvement de grève, ndlr) de représailles, lundi.

Les policiers étaient en place devant les foyers et le bidonville où logent la plupart des mineurs, procédant à des fouilles aléatoires, a constaté une journaliste de l'AFP.

Des vigiles armés gardaient les entrées de la mine de platine, exploitée par le groupe britannique Lonmin.

Lonmin a indiqué dans un communiqué que seulement 8% de ses 28.000 employés s'étaient rendus au travail mardi, un chiffre encore moins élevé que lundi (13%).

"Nous comprenons que les employés attendent que l'environnement soit sûr avant de retourner travailler", a écrit l'entreprise dans un communiqué, ajoutant qu'il y avait eu "des rapports non confirmés d'intimidations dans deux secteurs (...) ce matin".

"Aucun incident violent n'a été signalé", a ajouté Lonmin.

L'un des meneurs de la grève sauvage a indiqué à l'AFP que des représentants des travailleurs non syndiqués rencontreraient la ministre du Travail Mildred Oliphant dans la journée, à la veille d'une séance de négociations cruciale devant associer gouvernement, syndicats et employeur.

"Nous avons bon espoir que les pourparlers apporteront de bonnes nouvelles. Ce n'est pas que les travailleurs ne veulent pas travailler, nous voulons de l'argent!", a indiqué ce mineur, Zolisa Bodlani.

"Le gouvernement est notre dernier espoir", a-t-il ajouté.

La réunion destinée à signer un "traité de paix" doit avoir lieu mercredi à 10H00 (08H00 GMT) à Rustenburg, la grande ville de la région, a précisé Lonmin.

"La signature d'un accord de paix est considérée comme la première étape du processus de résolution (du conflit) et donnera à toutes les parties un cadre au sein duquel lequel les points --tels que les salaires-- pourront être discutés", a ajouté le groupe basé à Londres.

Quelque 3.000 foreurs, sur les 28.000 employés du site, dans le nord de l'Afrique du Sud, s'étaient mis en grève le 10 août, réclamant d'importantes augmentations de salaire.

Les grévistes, qui disent disent gagner 4.000 rands (400 euros) par mois, en réclament 12.500. Lonmin a indiqué que leur salaire frôle déjà les 10.000 rands (bruts), en prenant en compte un certain nombre d'allocations et d'indemnités.

Dix hommes, dont deux policiers, ont été tués entre le 10 et le 12 août dans des affrontements intersyndicaux. Puis une fusillade policière a fait 34 morts le 16 août.

Par ailleurs, l'audience de comparution des 259 mineurs arrêtés lors des événements a repris mardi matin devant un tribunal de la banlieue de Pretoria.

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