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USA : La grande fête des républicains gâchée par la tempête Isaac

27/08/2012 11:43 EDT | Actualisé 27/10/2012 05:12 EDT

Les républicains ont ouvert lundi leur convention nationale à Tampa (Floride), mais la tempête Isaac a d'ores et déjà gâché le sacre de leur candidat à la présidentielle Mitt Romney.

Le président du parti Reince Priebus a formellement ouvert la séance à 14H00 locales (18H00 GMT) devant un parterre clairsemé de délégués, puis il l'a ajournée quelques minutes plus tard jusqu'à mardi, conformément à la décision prise de reporter cette première journée de travail en raison de la tempête au large de la Floride.

Donnant le ton des débats à venir, M. Priebus a symboliquement activé deux horloges, l'une affichant le montant de la dette de l'Etat fédéral américain et l'autre devant calculer le montant de la dette publique accumulée aux Etats-Unis durant la convention, qui se termine jeudi soir.

La dette publique américaine se chiffre à plus de 15.900 milliards de dollars.

Lundi matin, les premiers mots de Mitt Romney, qui finalisait son discours d'acceptation dans le New Hampshire (nord-est), loin de la moiteur de Tampa, n'ont pu être que sur Isaac.

"Nos pensées vont aux gens qui sont sur le parcours de la tempête et nous espérons qu'ils ne subiront pas de dégâts majeurs", a-t-il déclaré à la presse.

Des journalistes lui ont même posé la question d'une annulation de la convention. "Nous allons avoir une magnifique convention", a-t-il répondu.

A Tampa, l'un de ses collaborateurs Russ Schriefer a insisté sur le fait que le programme de mardi, mercredi et jeudi était maintenu. "La plupart des délégués (plus de 4.000 étaient attendus) sont là (...) Nous surveillons la tempête et regardons où elle va", a-t-il ajouté.

Mais la plupart des écrans de télévision, dans l'immense centre de convention où se tient la grand messe républicaine, suivaient en continu le parcours d'Isaac, qui remonte le golfe du Mexique et pourrait se transformer en ouragan et menacer la Louisiane, sept ans après le drame de Katrina.

La convention avait été minutieusement préparée pour essayer de transformer l'image de Mitt Romney.

Même si les Américains pensent qu'il serait plus à même de redresser l'économie, ils n'arrivent pas à aimer cet ex-homme d'affaires de 65 ans multi-millionnaire, ex-gouverneur du Massachusetts, perçu comme distant et élitiste.

Un sondage ABC/Washington Post publié lundi montre les deux hommes au coude à coude (47% pour Romney, 46% pour Obama). 46% des Américains pensent que Romney pourra faire redémarrer l'économie (contre 42% pour Obama). Mais 58% pensent que Romney favoriserait les plus riches s'il était élu.

Le message de la convention, traditionnellement un des temps forts de la campagne présidentielle, a donc été soigneusement calibré, avec un objectif triple : marteler que Barack Obama a échoué ("Nous pouvons faire mieux", est l'un des slogans), convaincre que Mitt Romney est l'homme qui saura redresser l'économie, le souci numéro un des Américains, et réussir à rendre aimable leur candidat, au sens plein du terme.

Témoignages et vidéos devraient converger dans un grand élan patriotique, pour en dresser un portrait idéal, insistant sur l'homme privé, autant que sur l'homme d'affaires avisé.

Jadis perçu comme un modéré pragmatique, Mitt Romney a ces derniers mois considérablement durci son discours et attaqué M. Obama sans relâche. Il a choisi un colistier ultraconservateur de 42 ans, le représentant du Wisconsin (nord) Paul Ryan, confirmant son virage à droite.

Le programme de gouvernement des républicains, qui sera approuvé mardi, promet d'être solidement conservateur, le parti étant dominé par son aile droite.

Côté démocrate, la trêve de courtoisie, généralement de mise pendant la convention de l'autre parti, n'est pas au programme. Les sondages sont trop serrés, la bataille trop dure, à 71 jours de l'élection du 6 novembre.

Barack Obama a prévu de faire campagne mardi et mercredi dans l'Iowa, le Colorado et la Virginie, trois Etats clés pour la présidentielle.

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