Les conservateurs sont complices des bourreaux qui torturent pour obtenir des informations, selon le NPD

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VIC TOEWS
CP

OTTAWA - Les conservateurs se rendent complices d'actes immoraux en permettant à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et à l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) d'utiliser des renseignements obtenus par la torture, a déclaré lundi le Nouveau Parti démocratique (NPD).

Selon des documents récemment rendus publics en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, le ministre de la Sécurité publique, Vic Toews, a discrètement donné cette consigne à la GRC et à l'ASFC en septembre dernier après avoir fourni des instructions similaires au service de renseignement canadien.

Les directives du gouvernement affirment que la protection de la population et des biens du pays est le premier point à considérer quand il s'agit de recourir à des renseignements qui pourraient avoir été arrachés sous la torture. Elles précisent aussi comment déterminer si une information peut être partagée lorsqu'il existe un «risque substantiel» qu'un détenu soit maltraité à la suite de cette décision.

Toutes ces instructions s'inspirent d'un document cadre établissant les principes du partage de renseignements pour tous les organismes fédéraux, fruits des efforts des conservateurs pour uniformiser l'approche sur cette question au sein du gouvernement.

Le Bureau du Conseil privé n'a pas répondu lundi aux demandes visant à savoir si d'autres ministères avaient émis des directives sembables.

Le porte-parole du NPD en matière de sécurité publique, Randall Garrison, a déclaré lundi que les consignes du gouvernement allaient à l'encontre de ses obligations légales découlant de la Convention contre la torture des Nations unies.

Dans des réponses écrites à des questions posées par le public cet été, M. Toews avait expliqué que le gouvernement n'excusait pas la torture et ne la pratiquait pas, mais qu'il ne tolérerait aucune hésitation advenant le cas où la sécurité de la population canadienne serait menacée.

M. Garrison a rejeté la thèse de la catastrophe imminente en la comparant aux histoires apocalyptiques des téléséries.

«Le ministre aime évoquer ces scénarios où une situation de crise force quelqu'un à prendre une décision en moins d'une seconde», a lancé le député néo-démocrate.

Il a rappelé que, selon les experts, l'information obtenue par la torture était souvent peu fiable. «Non seulement est-ce immoral et probablement illégal, mais c'est aussi inefficace.»

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