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Syrie: Hollande veut être à l'initiative

27/08/2012 01:30 EDT | Actualisé 27/10/2012 05:12 EDT

PARIS - PARIS (Sipa) — François Hollande a cherché lundi à prendre l'initiative sur le dossier syrien, s'engageant à reconnaître un gouvernement provisoire syrien dès lors qu'il serait constitué. Le président français, faisant écho à son homologue américain Barack Obama, a prévenu que "l'emploi d'armes chimiques" par le régime de Damas constituerait "une cause légitime d'intervention directe" pour la communauté internationale.

"La France demande à l'opposition syrienne de constituer un gouvernement provisoire, inclusif et représentatif, qui puisse devenir le représentant légitime de la nouvelle Syrie. Nous engageons nos partenaires arabes à accélérer cette démarche. Et la France reconnaîtra le gouvernement provisoire de la nouvelle Syrie dès lors qu'il aura été formé", a déclaré le chef de l'Etat devant les ambassadeurs français réunis à l'Elysée.

Par ailleurs, la France et ses alliés restent "très vigilants" pour "prévenir l'emploi d'armes chimiques par le régime (de Damas, NDLR), qui serait pour la communauté internationale une cause légitime d'intervention directe", a-t-il lancé, s'exprimant "avec solennité", selon ses propres termes.

Le président américain Barack Obama a qualifié la semaine dernière de "ligne rouge" la menace d'une guerre chimique ou bactériologique en Syrie, précisant ainsi ce qui pourrait amener les Etats-Unis à intervenir militairement dans ce conflit.

La Syrie a reconnu pour la première fois le mois dernier posséder des réserves -probablement très importantes selon les spécialistes- d'armes chimiques et bactériologiques et a menacé d'en utiliser en cas d'agression étrangère.

Le président français a fait savoir lundi, après son discours, qu'il n'avait pas connaissance de menace précise de la part du régime de Damas sur ce point.

François Hollande a souhaité "intensifier les efforts pour que la transition politique ait lieu le plus vite possible" en Syrie, alors que la situation est bloquée depuis des mois au Conseil de sécurité des Nations unies.

La France apporte "un soutien appuyé à ceux qui oeuvrent sur le terrain pour une Syrie libre, démocratique, et garantissant la sécurité de toutes ses communautés", notamment "ceux qui organisent les zones libérées sur le territoire syrien", a-t-il poursuivi, évoquant "l'initiative des zones tampons proposées par la Turquie".

Le chef de l'Etat a aussi dit continuer "autant que nécessaire le travail de pression et de conviction au Conseil de sécurité pour parvenir à un consensus de la communauté internationale" sur la Syrie. La Russie et la Chine ont posé leur veto à trois projets de résolution qui auraient ouvert la voie à des sanctions contre le régime du président Bachar el-Assad.

Sur ce point, il a dénoncé le "blocage du système" qui "conduit soit à son contournement, soit à son impuissance". "C'est pourquoi je dis à la Russie et à la Chine que, dans la crise syrienne, leur attitude affaiblit notre capacité à accomplir le mandat que la charte des Nations unies nous a confié", a-t-il estimé.

La semaine dernière, François Hollande a reçu à l'Elysée cinq représentants du Conseil national syrien (CNS) ainsi que le représentant spécial des Nations unies pour la Syrie, Lakhdar Brahimi.

AP-sc/st

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