POLITIQUE

Promotion de la souveraineté: Pauline Marois n'adoptera pas la même stratégie que Jacques Parizeau

27/08/2012 04:55 EDT | Actualisé 27/10/2012 05:12 EDT
PC

QUÉBEC - La stratégie référendaire de Pauline Marois, sur la scène internationale, sera bien différente de celle de Jacques Parizeau en 1995, selon ce qu'elle a confié en entrevue à La Presse Canadienne.

Contrairement à M. Parizeau, Mme Marois n'a pas prévu, une fois élue première ministre, tenter d'obtenir à l'avance une reconnaissance des capitales étrangères, _ au premier chef Paris _ en prévision d'un référendum gagnant sur la souveraineté du Québec.

Si elle devient première ministre, Mme Marois semble plutôt vouloir se contenter de «parler» de son projet de souveraineté avec ses homologues étrangers, alors que Jacques Parizeau avait un plan bien précis en vue d'engager certaines capitales étrangères à se commettre dès l'obtention d'un Oui au référendum d'octobre 1995.

«Mon objectif n'est pas d'aller à Londres ou à Bruxelles pour dire: je viens vous parler de la souveraineté. Mais à chaque fois que je vais y aller, je vais en parler. C'est ça la différence» avec la position défendue par Jacques Parizeau en 1994-1995, a indiqué la chef péquiste, lors d'une récente entrevue, à bord de son autocar de campagne.

Le plan d'attaque international de M. Parizeau allait donc beaucoup plus loin, à l'époque.

En novembre 2009, lors d'une entrevue à La Presse Canadienne en marge de la sortie de son livre «La souveraineté du Québec: hier, aujourd'hui et demain», M. Parizeau avait fait valoir qu'il était crucial de préparer de longue haleine la période de transition entre un Oui victorieux à un référendum et l'accession à la souveraineté.

Il rappelait qu'il était acquis, en 1995, que la France reconnaîtrait un Québec souverain et que les États-Unis respecteraient le vote des Québécois, tout en ajoutant que lors du prochain référendum il ne fallait pas tenir pour acquis ces appuis.

«Donc, je n'irai pas pour cela, mais à chaque fois que je vais y aller (à l'étranger), je vais toujours en parler» de la position souverainiste de son gouvernement, a-t-elle insisté.

M. Parizeau jugeait quant à lui qu'une reconnaissance rapide des grandes capitales, au lendemain d'une victoire au référendum, était essentielle pour la suite des choses, incluant les négociations à venir avec Ottawa.

Sachant que la démarche serait longue et complexe, il s'était attelé à la tâche de préparer le terrain, dès son élection à la tête du parti, en 1988.

Il faut dire que le contexte est bien différent aujourd'hui: élu en 1994, Jacques Parizeau s'était engagé à tenir un référendum durant la première année de son mandat, tandis que Mme Marois dit qu'il y aura un référendum uniquement quand la population sera prête, au moment jugé opportun, donc pas nécessairement durant un premier mandat.

Quant à la promotion de la souveraineté auprès des Québécois, Mme Marois dit qu'elle reposera sur une démonstration selon laquelle le Québec serait gagnant en rapatriant tous les pouvoirs d'Ottawa.

Comme chef d'un gouvernement péquiste, elle prévoit faire cette démonstration «très systématique et quotidienne», à partir de «dossiers très concrets», comme le rapatriement souhaité de l'assurance-emploi.

«Il y a une multitude d'exemples que l'on peut prendre pour faire la démonstration qu'on serait mieux servi si on décidait par nous-mêmes» dans toutes les sphères d'activité, croit la chef souverainiste, qui entend bien ne pas céder un pouce des compétences reconnues au Québec.

Dans sa quête de rapatriement, elle promet négocier «de bonne foi» avec Ottawa, sans chercher l'affrontement qui pourrait servir sa cause.

Mais si, d'aventure, Ottawa lui oppose une fin de non-recevoir, «c'est sûr que ça va faire une démonstration que c'est pas possible qu'on nous reconnaisse comme société distincte», selon elle.

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