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Près d'un Canadien sur deux possède un CELI

27/08/2012 06:38 EDT | Actualisé 27/10/2012 05:12 EDT

Près d'un Canadien sur deux (47 %) affirme détenir un compte d'épargne libre d'impôt (CELI), un outil d'épargne lancé en 2008, selon un sondage de la Banque CIBC réalisé par Harris/Decima.

Toutefois, depuis le début de l'année, seul un titulaire de CELI sur deux y a cotisé. En outre, de nombreux Canadiens affirment ne pas avoir d'objectif pour les fonds qu'ils ont placés dans leur compte CELI.

Parmi les titulaires d'un CELI, 44 % ont uniquement un compte d'épargne, 27 % possèdent seulement un compte de placement et 21 % des personnes interrogées affirment détenir les deux. La majorité (41 %) des personnes interrogées sur l'objectif de leur compte d'épargne CELI ont répondu qu'elles n'en avaient aucun.

Les personnes les plus susceptibles d'avoir un CELI étaient les résidents de la Colombie-Britannique (52 %) alors que les moins susceptibles d'en avoir un étaient les Canadiens des provinces de l'Atlantique (42 %). Ce pourcentage est de 43 % au Québec.

De plus, 41 % des titulaires d'un CELI affirment n'avoir aucun plan immédiat pour leurs économies, et vouloir simplement éviter de payer des impôts sur les intérêts accumulés ou le rendement de leurs investissements; 36 % déclarent qu'ils comptent utiliser les fonds de ce compte au moment de la retraite; 30 % des titulaires indiquent qu'ils prévoient utiliser les fonds de ce compte en cas d'urgence; et 17 % disent qu'ils pensent utiliser les fonds de ce compte pour des achats importants (maison, voiture, etc.)

Les Canadiens âgés de 18 à 24 ans sont plus susceptibles de déclarer qu'ils entendent affecter les fonds de leur CELI à un achat important (37 %), alors que les Canadiens âgés de 45 à 54 ans affirment qu'ils prévoient utiliser leur compte pour leur retraite (47 %)

Les Canadiens les plus jeunes indiquent qu'ils prévoient utiliser leur CELI pour des objectifs à plus court terme, comme un achat important ou une urgence, ce qui explique pourquoi ils sont les plus susceptibles d'avoir retiré des fonds de leur CELI l'année dernière. Parmi les titulaires d'un CELI, les personnes âgées de 18 à 34 ans sont les plus susceptibles de déclarer qu'elles ont retiré des fonds de leur CELI cette année (25 %), comparativement à la moyenne nationale (17 %).

Les données du sondage ont été recueillies du 5 au 15 juillet 2012 auprès de 2031 Canadiens. Pour un échantillon de cette taille, la marge d'erreur est de +/-2,2 %, 19 fois sur 20.

À qui convient le CELI?

Le CELI est-il destiné aux personnes les plus fortunées? Par nécessairement, selon Pierre Payeur, conseiller principal en gestion de patrimoine au Mouvement Desjardins.

« Par exemple, ce sera avantageux pour une personne fraîchement arrivée sur le marché du travail et dont le revenu et le taux d'imposition ne sont pas extrêmement élevés. Ce n'est pas nécessairement avantageux de tout mettre dans un REER quand on ne paye pratiquement pas d'impôt, parce que le revenu est plus faible. L'autre avantage, c'est la liquidité. Contrairement à un REER, on peut sortir des sommes d'un CELI », dit-il.

Martin Boyer, professeur de finances à HEC Montréal, considère que la proportion d'un Canadien sur deux possédant un CELI est raisonnable dans les circonstances, car les taux d'épargne sont relativement faibles en ce moment.

« C'est vrai qu'il serait intéressant que plus de gens épargnent en vue de leur retraite, mais au Canada, ce n'est pas tout le monde qui est en position d'épargner pour faire face à des moments difficiles. Les CELI ne sont d'ailleurs pas tous utilisés au maximum. Mais qu'une personne sur deux ait fait l'exercice d'ouvrir ce compte, c'est une statistique qui est tout à fait raisonnable », dit-il.

Pour Pierre Payeur, il est étonnant de voir que la proportion de ceux qui ont investi dans un CELI au Québec est plus basse que dans l'ensemble canadien.

« Peut-être que c'est dû au revenu moyen qui est plus faible que la moyenne nationale. Il se peut aussi que le Québec soit un peu en retard. On a probablement considéré le CELI comme s'adressant uniquement aux personnes très fortunées », dit-il.

Martin Boyer ne s'inquiète pas du fait que peu de personnes semblent destiner leur CELI à quelque chose de précis.

« Je ne pense pas que ce soit inquiétant. Je pense que c'est l'inverse. Ce sont des personnes qui épargnent au cas où il leur arriverait quelque chose, mais ne peuvent pas envisager le malheur qui leur arrivera dans le futur. S'il n'y a pas de malheur, ça veut dire qu'ils auront de l'argent pour réaliser des choses qu'ils n'auraient pas pensé réaliser », souligne-t-il.

Un des objectifs du gouvernement Harper en créant le CELI était d'inciter les Canadiens à épargner. Pour Martin Boyer toutefois, cet outil n'a pas créé plus d'épargnants.

« Ça n'a pas créé de nouvelle épargne. C'est seulement de l'épargne imposable qui est devenue non imposable », dit-il.

Avec les informations de Richard Massicotte

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