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Pauline Marois craint que la majorité souhaitée lui glisse entre les doigts

27/08/2012 12:05 EDT | Actualisé 27/10/2012 05:12 EDT

QUÉBEC - Une semaine avant le jour du scrutin, les chefs des trois grands partis ont tenté de consolider leurs appuis, lundi, dans ce dernier droit de la campagne électorale.

La chef péquiste Pauline Marois a courtisé les étudiants, tout comme le chef caquiste François Legault, qui a aussi cherché à conquérir l'électorat féminin. Quant au chef libéral, Jean Charest, malgré les mauvais sondages, il a tenté de convaincre tout le monde qu'il était toujours dans la course et que la population n'avait pas intérêt à changer de gouvernement.

En ce 27e jour de campagne, il y a donc eu peu d'annonces, mais beaucoup de stratégie en vue de convaincre les indécis.

La chef péquiste a craint que le gouvernement majoritaire tant souhaité le 4 septembre lui file entre les doigts.

Mme Marois a montré des signes d'inquiétude, comme avait fait au cours des derniers jours son candidat Jean-François Lisée, devant la perspective que de nombreux souverainistes puissent voter pour Québec solidaire ou Option nationale, minant d'autant les chances du PQ de former un gouvernement majoritaire.

À Sorel-Tracy, elle a mis en garde les étudiants contre une coalition «libéralo-caquiste» qui empêcherait le Parti québécois d'annuler la hausse des droits de scolarité et d'abroger la loi 12 (projet de loi 78).

Elle les a invités à se rallier à elle, brandissant le spectre de perturbations sociales si les libéraux ou les caquistes sont élus.

À son avis, toute la mouvance «progressiste» de la société québécoise risque de payer cher le prix de la division du vote.

Elle a invité les étudiants à donner leur appui au PQ, plutôt qu'à Québec solidaire qui propose la gratuité scolaire. La gratuité scolaire est impossible à appliquer, a fait valoir Mme Marois, à cause des impacts que cela aurait sur les autres services publics.

«Je dis à toute la population du Québec et aux étudiants que s'ils appuient le Parti québécois, nous allons annuler les hausses, mais je ne peux pas dire à la population du Québec qu'il est possible d'avoir la gratuité scolaire», a dit Mme Marois en conférence de presse.

En mai, elle avait pourtant ouvert la porte à la gratuité scolaire.

Courtisant lui aussi les étudiants, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, leur a ouvert une porte, se disant prêt à négocier la hausse de 1000 $ des droits de scolarité qu'il propose sur cinq ans.

L'augmentation de 200 $ par année est une «proposition» de départ du chef de la CAQ, qui se dit même prêt à s'asseoir rapidement avec les associations étudiantes s'il est élu premier ministre le 4 septembre.

«Je pense que notre proposition est raisonnable, maintenant, on est ouvert à la négocier», a-t-il déclaré.

M. Legault, désormais flanqué de son épouse, Isabelle Brais, a aussi tenté de séduire une partie de l'électorat qui lui résiste encore: les femmes.

Le chef caquiste a assuré qu'il y aurait plusieurs femmes à son conseil des ministres si son parti prend le pouvoir le 4 septembre, mais il a refusé de s'engager à la parité.

Il a refusé aussi de désigner précisément les candidates qui feraient partie de son gouvernement, contrairement à ce qu'il a fait pour certains de ses candidats masculins, à qui il a déjà promis des portefeuilles.

À Québec, le chef libéral Jean Charest s'est défendu d'être vaincu d'avance, mettant en garde la population contre une volonté de changement pour le changement.

«L'alternative c'est quoi? C'est de briser l'élan», a-t-il tranché, ajoutant que le Parti québécois (PQ) et la CAQ représentaient un «risque» pour le Québec.

Le chef libéral a voulu se faire rassembleur, en décochant une flèche à la chef péquiste Pauline Marois qui avait invité les souverainistes conservateurs à voter pour d'autres partis que le sien dimanche, avant de revenir sur ses paroles.

M. Charest a insisté sur le fait qu'il voulait représenter tous les Québécois, souverainistes compris, invitant tout le monde à voter libéral.

Chose certaine, pour tous les partis, le temps est désormais compté, car le vote par anticipation a déjà commencé.

Selon les données du Directeur général des élections du Québec (DGEQ), 8,48 pour cent des électeurs se sont rendus aux urnes dans la seule journée de dimanche, soit 500 805 personnes.

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