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Ontario: les libéraux déposent leur projet de loi sur le gel des salaires

27/08/2012 02:58 EDT | Actualisé 27/10/2012 05:12 EDT

TORONTO - Des dizaines de milliers d'enseignants ontariens verront vraisemblablement leur salaire gelé et leurs avantages sociaux coupés cette année. Le gouvernement libéral a déposé lundi un projet de loi visant à combattre le déficit de 15 milliards $ de la province.

La loi spéciale imposerait la «nouvelle» convention collective aux milliers d'enseignants de la province. Ce projet de loi prévoit un gel des salaires et une réduction des avantages sociaux, en plus de permettre au gouvernement d'interdire les grèves et les lockouts.

Le projet de loi sera fort probablement adopté, puisque les progressistes-conservateurs de Tim Hudak ont accepté de se rallier à la proposition des libéraux de Dalton McGuinty.

Mais le prix politique de ce geste pourrait être lourd à porter pour celui qui se décrivait comme «le premier ministre de l'éducation». Les mesures d'austérité mises en place par M. McGuinty ont été décriées par des groupes influents dont le support — autant politique que financier — a permis au Parti libéral de demeurer au pouvoir pendant neuf ans.

Cela pourrait déjà compromettre les chances des candidats libéraux lors des deux élections partielles prévues pour le 6 septembre — des sièges qui permettraient au gouvernement de Dalton McGuinty d'accéder à la majorité à Queen's Park.

La ministre de l'Éducation, Laurel Broten, a expliqué que cette loi garantirait que l'année scolaire se déroulera sans interruption, mais trois syndicats qui s'opposent à la mesure affirment qu'elle est tout à fait inutile.

La Fédération des enseignants des écoles secondaires de l'Ontario a remis à plus tard ses votes de grève, expliquant que les négociations avec les conseils scolaires progressent. Le président du syndicat, Ken Coran, affirme que l'année scolaire n'est pas en péril et qu'elle ne l'a jamais été.

Le leader de l'opposition conservatrice, Tim Hudak, a de son côté déclaré qu'il aurait préféré qu'un gel salarial soit imposé à tous les employés de la fonction publique, mais que ce gel imposé aux enseignants est mieux que rien.

Le gouvernement libéral affirme que le projet de loi a été modifié pour répondre aux souhaits des conservateurs, notamment en ce qui a trait aux mécanismes d'embauche. La ministre Broten a expliqué que certaines mesures seront retirées du projet de loi mais qu'elles seront imposées plus tard par règlements.

M. Hudak a déclaré qu'il réclamera des changements au projet de loi, mais refuse d'utiliser son pouvoir auprès du gouvernement minoritaire. Il a aussi refusé de dire si ses conservateurs voteront en faveur de la loi ou s'ils s'abstiendront.

Les trois principaux partis de la province sont très actifs dans les circonscriptions de Kitchener-Waterloo et de Vaughan, où des élections complémentaires auront lieu le 6 septembre. Le premier ministre Dalton McGuinty était de nouveau de passage à Waterloo lundi, puisque ces élections pourraient le doter d'un gouvernement majoritaire.

Mais tout n'est pas encore réglé pour les élèves et les parents. Trois syndicats qui s'opposent aux demandes du gouvernement organisent une manifestation mardi à Queen's Park pour les dénoncer. Ils affirment qu'il n'y aura pas de conflit de travail cet automne, mais refusent de se prononcer à plus long terme.

Les libéraux ont rappelé les députés deux semaines plus tôt que prévu pour déposer le projet de loi. Si cette loi n'est pas adoptée, les anciennes conventions collectives des enseignants seront automatiquement renouvelées, et elles prévoient des hausses salariales et des avantages sociaux dont la province ne peut se permettre, selon le gouvernement.

Le Nouveau Parti démocratique accuse les libéraux d'inventer une crise de toutes pièces pour essayer de remporter les élections complémentaires.

La leader néo-démocrate, Andrea Horwath, prétend que le gouvernement a semé la peur concernant l'année scolaire pour faire oublier le fiasco du service provincial d'ambulance aérienne, et la facture de 190 millions $ liée à la fermeture d'une centrale au gaz pour sauver des comtés libéraux lors du dernier scrutin.

Le premier ministre McGuinty a rejeté lundi ces accusations. «L'enjeu est bien au-delà d'une élection partielle», a-t-il indiqué alors qu'il faisait campagne à Waterloo avec le candidat libéral. «Cela touche deux millions d'élèves et 125 000 enseignants (...) et préoccupe les parents partout en Ontario.»

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