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Martine Wright, du cauchemar des attentats de 2005 au rêve paralympique

27/08/2012 06:13 EDT | Actualisé 27/10/2012 05:12 EDT

Martine Wright se rendait au travail, il y a un peu plus de sept ans, lorsqu'elle s'est mise à lire un article sur la désignation de Londres comme hôte des jeux Olympiques et Paralympiques en 2012. Mais jamais elle n'aurait pensé y participer un jour.

La veille, le 6 juillet 2005, le Comité international olympique avait attribué les Jeux à la capitale britannique lors d'une cérémonie à Singapour, déclenchant d'immenses manifestations de joie.

Mais à l'heure de pointe, au matin du 7 juillet, quatre kamikazes islamistes déclenchaient leurs bombes dans trois rames de métro londoniennes et dans un bus à impériale, faisant 52 morts en plus d'eux-mêmes.

Martine Wright, cheveux bruns et solide carrure, avait toutes les raisons de mourir ce jour-là: un des kamikazes s'est fait exploser dans son wagon de métro. Elle y a perdu ses jambes et est restée dix jours dans le coma.

Mais alors qu'elle se prépare à représenter le pays organisateur aux épreuves de volleyball assis, vendredi, elle s'estime chanceuse.

"Je n'arrive pas à y croire (...), je n'en peux plus d'attendre", s'exclame la femme de 39 ans, qui est née et a grandi à Londres. Elle est même allée à l'université près du site du stade olympique, dans l'est de la ville.

"On suit le compte à rebours depuis tant de jours, de mois, d'années, je suis impatiente d'y aller! Je n'ai pas eu de chance de me trouver dans ce métro ce jour-là, mais j'en ai eu beaucoup de survivre et je pense aux 52 personnes tuées. J'ai eu de la chance, je suis lancée dans ce rêve. J'ai le sentiment que j'étais destinée à faire ce voyage", raconte-t-elle.

Le sport a été essentiel dans la rééducation de Mme Wright, directrice marketing. Elle s'est essayée à plusieurs disciplines lors d'une journée portes ouvertes de l'Association britannique paralympique (ABP), pour finalement opter pour le volleyball assis, qu'elle pratique depuis 2009.

Avec son rythme échevelé, le sport ressemble à la version valide, mais se joue sur un terrain de 10 mètres sur 6 avec un filet plus bas, sur lequel s'affrontent deux équipes de six joueurs de différents handicaps.

Les athlètes doivent laisser leur bassin au sol en permanence durant les matches, qui se jouent en trois sets gagnants.

La Grande-Bretagne, qui n'avait jamais envoyé d'équipe de volley aux Paralympiques, est cette année représentée en tant que pays organisateur dans les vingt sports des Jeux.

Les membres de l'équipe, créée seulement il y a deux-trois ans, reconnaissent volontiers ne pas être les favoris pour une médaille, mais ils sont ravis de concourir dans leur pays, devant des fans britanniques.

"Je vis un rêve", estime Mme Wright, dans une déclaration diffusée par l'ABP. "Le but est d'y aller et de faire de notre mieux. Nous devons absolument faire de notre mieux sur le terrain, pour rendre fiers notre pays et nos familles".

Participer apporte une autre satisfaction à cette femme déterminée.

"Je voulais vraiment trouver une nouvel objectif après avoir perdu mes jambes. J'ai essayé beaucoup d'autres sports, mais je suis tombée amoureuse du volleyball assis", explique-t-elle.

"C'est génial. C'est un sport unique, j'ai trouvé libérateur de pouvoir se poser au sol et pratiquer un sport sans équipement spécial, comme un fauteuil roulant".

L'équipe féminine britannique jouera son premier match contre l'Ukraine vendredi.

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