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Marikana: faible reprise du travail, rassemblement de grévistes

27/08/2012 05:34 EDT | Actualisé 27/10/2012 05:12 EDT

Plusieurs centaines de mineurs ont commencé à se rassembler lundi matin à l'extérieur de la mine sud-africaine de Marikana, déterminés à poursuivre la grève, alors que seuls 13% des salariés avaient repris le travail, selon un chiffre fourni par l'exploitant Lonmin.

Vers 11H00 (09H00 GMT), environ 600 hommes étaient rassemblés non loin du lieu du massacre du 16 août, où 34 grévistes de ce site d'extraction de platine, dans le nord de l'Afrique du Sud, ont été tués par les balles de la police. D'autres continuaient à affluer par petits groupes, a constaté l'AFP.

Des véhicules blindés de la police avaient pris position à distance.

C'est à cet endroit que les mineurs en grève sauvage avaient été plus de 3.000 à se rassembler dans les jours qui ont suivi la tuerie.

Par ailleurs, peu d'employés sur ce site d'extraction de platine ont repris le travail lundi, après une semaine de deuil national.

"Les premiers chiffres donnent un chiffre de 13% sur toutes les équipes du matin. Nous comprenons que les employés attendent que l'environnement soit sûr avant de revenir au travail", indique un communiqué de Lonmin, qui avait appelé à la reprise du travail lundi matin.

"Il y a eu des incidents et des intimidations contre des chauffeurs de bus cette nuit", poursuit Lonmin, "pour empêcher (les ouvriers) de revenir au travail".

La ministre du Travail Mildred Oliphant a par ailleurs affirmé que les discussions entamées la semaine dernière entre les partenaires sociaux, y compris Lonmin, reprendraient mercredi.

"Je suis venu ici pour voir si on pouvait reprendre le travail sans danger", a dit vers 07H00 (05H00 GMT) à l'AFP Johannes Ndebele, un mineur, alors que des travailleurs se dirigeaient vers les grilles du site au milieu de patrouilles de police.

"La police nous a dit de ne pas traîner en groupes autour de la mine, ils disent que c'est pour notre sécurité", a-t-il ajouté.

"J'ai décidé de reprendre le travail, parce que la grève n'a rien donné, mais d'autres gars au foyer (où il loge) veulent continuer la grève, ils disent qu'ils veulent l'argent", ajoute-t-il, en référence aux revendications salariales à l'origine du mouvement de grève sauvage lancé le 10 aout.

Les accès à la mine étaient contrôlés par des gardes de sécurité armés.

La situation était parfaitement calme dans le village des mineurs, où des patrouilles de police passaient régulièrement.

Interrogée sur une radio lundi matin, la ministre du Travail a déclaré: "Une réunion aura lieu cette semaine, mercredi, pour discuter des sujets qui doivent être traités, particulièrement pour que chacun s'engage, et notamment les syndicats, à ce qu'il n'y ait pas de violence chaque fois qu'il y a une grève."

"La semaine dernière vendredi", a-t-elle rappelé, "j'ai rencontré Lonmin, NUM (...) et l'AMCU pour essayer de résoudre les problèmes (...) et nous sommes tombés d'accord sur le fait que tout le monde doit s'engager à une solution pacifique (...) de façon à ce que nous puissions tous signer un accord de paix".

NUM est le grand syndicat majoritaire du secteur des mines, et AMCU est une petite formation dissidente qui a soutenu la grève sauvage de Marikana, appuyant des demandes d'augmentations salariales substantielles de 3.000 foreurs sur les 28.000 employés du site.

Les événements de Marikana, qui ont bouleversé l'Afrique du Sud, ont fait au total 44 morts. Dix hommes, dont deux policiers, ont été tués entre le 10 et le 12 août dans des affrontements intersyndicaux. Puis une fusillade policière a fait 34 morts le 16 août. La semaine dernière avait été décrêtée semaine de deuil national par le président Jacob Zuma.

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