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Marikana: enquête sur de présumés abus de la police

27/08/2012 05:43 EDT | Actualisé 27/10/2012 05:12 EDT

La police des polices sud-africaine a lancé une enquête sur d'éventuels abus des forces de l'ordre, accusées d'avoir frappé et blessé des grévistes en détention après les violences de la mine de platine de Marikana (nord) où la police a tué 34 personnes le 16 août.

"Nous enquêtons sur des allégations de violences", a déclaré lundi à l'AFP Moses Dlamini, porte-parole de la Direction indépendante d'enquêtes de la police.

Les enquêteurs avaient été saisis vendredi soir de 130 plaintes déposées par des travailleurs de la mine arrêtés par la police et "certains ont été blessés", a-t-il précisé, notant qu'il s'agissait de contusions.

"Nous ne savons pas combien de personnes ont été violentées (par la police), et les enquêteurs vont de poste de police en poste de police, où sont détenues les victimes, afin de prendre leurs dépositions. Nous devons également identifier les auteurs", a relevé M. Dlamini, qui pense que l'enquête de la police des polices pourrait prendre plus d'une semaine.

La police a arrêté plus de 250 personnes après avoir tiré à balles réelles sur une foule hostile et pourvue d'armes diverses manifestant le 16 août, alors que des affrontements imputés à de rivalités syndicales avaient déjà fait dix morts (dont deux policiers) dans les jours précédents.

La police a plaidé la légitime défense.

Mais les rapports d'autopsie concernant la plupart des morts de Marikana montrent qu'ils ont été tués dans le dos, selon le quotidien The Star de lundi.

"Les rapports d'autopsie indiquent que la plupart des gens fuyaient la police quand ils ont été tués", a indiqué au journal de Johannesburg une source anonyme proche de l'enquête.

"Un grand nombre d'entre eux ont été abattus dans le dos et les balles sont sorties par leurs poitrines", a ajouté la source, notant que quelques-uns ont été touchés de face.

Les autorités se sont refusées à tout commentaire, une commission d'enquête spéciale ayant été chargée par le président Jacob Zuma de faire toute la lumière sur la mort des 44 victimes de Marikana.

Les grévistes arrêtés après les violences du 16 août devaient être traduits en justice lundi sur des accusations allant de violence publique à meurtre.

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