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Le commerce des armes légères estimé à 8,5 milliards de dollars par an (rapport)

27/08/2012 02:16 EDT | Actualisé 27/10/2012 05:12 EDT

Le commerce licite des armes légères et de petit calibre, y compris les pièces détachées et munitions, représente au moins 8,5 milliards de dollars par an, soit le double par rapport à 2006, selon un rapport du "Small Arms Survey" (SAS) présenté lundi à l'ONU.

Le SAS est un programme de recherche indépendant situé au sein de l'Institut de hautes études internationales et de développement de Genève. Son nouveau rapport annuel est le fruit de quatre années d'enquête portant sur 52 pays.

Selon le directeur général du SAS, Eric Berman, sur ces 8,5 milliards, les munitions représentent près de la moitié. Si l'on additionne les transferts internationaux autorisés d'armes légères et le trafic illicite, ce commerce atteint certainement plus de 10 milliards de dollars par an, a-t-il estimé.

Pour M. Berman, le doublement de l'estimation par rapport à 2006 s'explique par l'augmentation des achats d'armes et de munitions par des citoyens américains, ainsi que les acquisitions à grande échelle d'armes militaires par les gouvernements impliqués dans les conflits en Irak et en Afghanistan.

Les chercheurs du SAS, qui se fondent notamment sur les déclarations douanières, ont aussi bénéficié de données plus fiables en raison d'une transparence plus grande de la part de certains gouvernements en Europe et en Amérique du Nord.

M. Berman a néanmoins estimé que cette transparence "laisse à désirer en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient". Il a souhaité "une meilleure transparence de la part des grands exportateurs comme la Chine et la Russie, ainsi que des Etats qui réexportent les armes excédentaires".

Selon le document --disponible sur le site www.smallarmssurvey.org--, la Suisse, le Royaume-Uni et la Roumanie sont "les trois pays les plus transparents", tandis que l'Iran, la Corée du Nord et les Emirats arabes unis sont en fin de classement. Les Etats-Unis se classent 14e et la France 19e.

Dans leur rapport 2012, les chercheurs du SAS ont étudié plus particulièrement les arsenaux des insurgés en Irak, en Afghanistan et en Somalie. Ils sont parvenus à la conclusion que "dans ces trois pays, les groupes armés non étatiques utilisent presque toujours des armes d'ancienne génération", de fabrication soviétique ou chinoise comme des kalachnikov.

Selon Nicolas Florquin, chercheur au SAS, cette situation contraste avec celle des années 1980 en Angola ou en Afghanistan où les insurgés d'alors avaient accès à certains systèmes perfectionnés comme des missiles guidés antiaériens.

La seule exception, note l'étude, concerne "un pourcentage significatif d'armes iraniennes confisquées à des insurgés en Irak, de fabrication relativement récente".

Le rapport analyse par ailleurs la violence armée, notamment celle liée à la drogue en Amérique latine et dans les Caraïbes, et la stratégie adoptée par les pirates somaliens.

Le mois dernier à New York, les 193 pays membres de l'ONU n'avaient pas réussi à se mettre d'accord sur les termes d'un traité réglementant le commerce des armes conventionnelles, dont les armes légères et leurs munitions. Les négociations pourraient reprendre l'an prochain.

avz/sam

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