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Jour J pour les enseignants ontariens

27/08/2012 07:24 EDT | Actualisé 27/10/2012 05:12 EDT

Le gouvernement ontarien déposera lundi après-midi un projet de loi spécial qui gèlerait le salaire des enseignants pour les deux prochaines années, en plus de les empêcher de faire la grève.

La ministre de l'Éducation, Laurel Broten, a accepté d'amender le projet de loi spéciale. Le gouvernement libéral minoritaire apporte ces changements afin de s'assurer le soutien du parti conservateur, essentiel à l'adoption du projet de loi.

Les libéraux affirment, toutefois, que leurs concessions sont accessoires. Des mesures sur l'embauche des enseignants ont été retirées. Par contre, la ministre Broten tient à ces mesures et les mettra en place par le biais d'un arrêté au Conseil des ministres. Les conservateurs n'ont pas encore réagi à cette manoeuvre.

Le gouvernement libéral a rappelé les députés à l'Assemblée législative deux semaines plus tôt que prévu afin d'assurer le passage de cette loi spéciale avant la rentrée scolaire.

Laurel Broten explique qu'elle veut éviter que la rentrée, après la fête du Travail, ne soit perturbée par une grève des enseignants. Elle reproche aux syndicats des enseignants des écoles publiques anglaises, qui continuent à défier le gouvernement et son gel salarial, d'avoir quitté la table des négociations.

Pour leur part, les fédérations des enseignants anglophones du secteur public assurent que leurs membres n'ont aucune intention de débrayer à la rentrée.

Le syndicat des enseignants anglophones du secondaire ont d'ailleurs remis à plus le vote de grève qu'il devait tenir, affirmant que les négociations avancent avec les conseils scolaires. Selon le président de ce syndicat, la loi spéciale n'est pas nécessaire.

Ces syndicats ont menacé de poursuivre le gouvernement devant les tribunaux, jusqu'en Cour suprême, si les libéraux allaient de l'avant avec une loi spéciale.

Seuls les enseignants catholiques anglophones et ceux des écoles françaises ont conclu une entente de principe avec la province.

Conflit sur fond de partielles

Selon les syndicats récalcitrants, les libéraux tentent de créer une crise en éducation et de jouer les durs, afin de courtiser les électeurs de droite, en prévision des élections partielles du 6 septembre.

Ces scrutins sont cruciaux, parce qu'ils pourraient permettre au premier ministre Dalton McGuinty de regagner une majorité à l'Assemblée législative.

Pour sa part, la chef néo-démocrate, Andrea Horwath, confirme que son parti s'opposera au projet de loi spéciale. Elle accuse le gouvernement d'agir avec deux poids deux mesures, en continuant à accorder des bonus aux hauts fonctionnaires.

Les conservateurs, eux, ont promis de ne pas empêcher l'adoption de la loi spéciale, soit en votant en faveur ou en s'abstenant. Le chef conservateur, Tim Hudak, qui réclame un gel salarial pour l'ensemble des secteurs publics et parapublics, dit qu'il ne veut pas laisser les enseignants « s'en tirer ».

La ligne dure adoptée par le premier ministre Dalton McGuinty à l'endroit des enseignants constitue un revirement majeur pour son gouvernement, qui a fait de l'éducation et de la bonne entente dans les écoles une de ses grandes priorités depuis son élection en 2003. Les libéraux s'étaient alors fait élire, en partie, à cause de leur promesse de mettre fin aux grèves dans les écoles, après des années de tensions sous le gouvernement conservateur de Mike Harris.

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