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Démission du ministre irakien des Communications en conflit avec Maliki

27/08/2012 07:38 EDT | Actualisé 27/10/2012 05:12 EDT

Le ministre irakien des Communications, Mohammed Taoufiq Allaoui, a annoncé lundi avoir présenté sa démission en raison des "ingérences politiques" du Premier ministre Nouri al-Maliki au sein de son ministère.

"J'ai démissionné parce que Maliki refusait (...) (d'arrêter) ses ingérences politiques au sein de mon ministère", a déclaré par téléphone à l'AFP M. Allaoui depuis Londres, en assurant avoir demandé fin juillet au chef du gouvernement de cesser ses "ingérences".

Il s'agit de la première démission à survenir au sein du gouvernement Maliki depuis sa formation in 2010. L'an dernier, le ministre de l'Electricité Raad Chalal al-Ani avait été congédié pour avoir validé deux contrats jugés illégaux d'un montant de 1,7 milliard de dollars.

M. Allaoui est membre du bloc Iraqiya, dominé par les sunnites, qui au début de l'année avait soutenu l'idée d'une motion de défiance à l'encontre de M. Maliki.

"J'avais posé certaines conditions au Premier ministre, notamment que cessent les ingérences politiques dans mon ministère, sinon je ne veux pas occuper cette fonction", a dit M. Allaoui.

"Je lui avais dit: +soit vous respectez ces conditions, soit vous acceptez ma démission+. Après un mois, il a accepté ma démission", a dit l'ex-ministre. Il a accusé M. Maliki d'avoir transféré, contre son gré, des responsables de son ministère.

"Certains de nos hauts responsables sont très loyaux et travaillent très dur. Il m'a demandé de les transférer vers leurs anciens ministères. Je l'ai prié de les garder, mais il a refusé", a affirmé M. Allaoui.

La démission de M. Allaoui, confirmée par le porte-parole du ministère des Communications, constitue le dernier épisode en date dans le conflit politique opposant depuis le retrait des troupes américaines en décembre M. Maliki, un chiite, au bloc Irakiya qui l'accuse de chercher à monopoliser le pouvoir.

Le procès par contumace, entamé en mai, du vice-président Tarek al-Hachémi, accusé d'avoir commandité des assassinats, a également avivé les tensions entre M. Maliki et le bloc Irakiya dont fait partie M. Hachémi. Ce dernier a dénoncé une procédure à des fins purement politiques.

Cette crise politique paralyse le gouvernement et le Parlement, où aucune législation significative n'a été votée à l'exception du budget, alors que d'autres projets, notamment une loi pour réguler le secteur pétrolier, ont été reportés.

psr/gde/sb

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