POLITIQUE

Jean Charest courtise Québec et sa région, tentée de voter pour la CAQ

27/08/2012 11:36 EDT | Actualisé 27/10/2012 05:12 EDT
CP

QUÉBEC - Si Jean Charest ne cesse de vanter la ville de Québec sur toutes les tribunes, ses résidants pourraient bien lui tourner le dos le 4 septembre prochain. Pour faire rentrer les brebis au bercail, le chef libéral n'hésite pas à brandir la menace du «risque» que représenterait un gouvernement formé par l'un de ses adversaires.

Le leader du Parti libéral du Québec (PLQ) a consacré la journée de lundi à faire la tournée des radios de la capitale nationale, connues pour leur franc-parler et leurs positions en faveur de la réduction de la taille de l'État.

Or cette visite est survenue alors qu'un récent sondage place celui qui se définit lui-même comme vice-maire de Québec derrière la Coalition avenir Québec (CAQ) dans la région.

En conférence de presse dans la circonscription de Vanier, M. Charest s'est défendu d'être vaincu d'avance, et il a fait valoir que si la ville voulait continuer sur sa lancée, les électeurs devaient choisir son parti le jour du scrutin.

«Si on avait à trouver un endroit en Amérique du Nord qui a été un exemple et un modèle de succès, c'est la capitale nationale qui serait citée en exemple», a soutenu le chef libéral.

«L'alternative, c'est quoi? C'est de briser l'élan», a-t-il tranché. Selon lui, le Parti québécois (PQ) et la CAQ représentent un «risque» pour la province, alors qu'au contraire, les électeurs savent à quoi s'attendre avec les libéraux.

Le spectre d'une éventuelle mauvaise performance d'un gouvernement issu d'une autre formation politique que la sienne est au coeur du discours de M. Charest ces derniers jours.

«Pourquoi changerait-on de gouvernement dans la région de la capitale nationale quand, depuis les quatre dernières années, il n'y a pas un gouvernement qui en aura fait autant pour la capitale nationale? Et de bon coeur à part ça», s'est-il demandé.

Le chef libéral souhaite surtout se faire rassembleur, par opposition à ses adversaires qui cherchent à diviser, à son avis. Il a décoché une flèche à la chef péquiste Pauline Marois qui a invité les souverainistes conservateurs à voter pour d'autres partis que le sien dimanche, avant toutefois de revenir sur ses paroles.

M. Charest a insisté sur le fait qu'il voulait représenter tous les Québécois, souverainistes compris. «Votez libéral!», a-t-il lancé en rigolant.

Loi 101

Non seulement M. Charest a voulu ouvrir les bras aux souverainistes, mais il s'est également avancé sur un terrain qui pourrait leur plaire.

Il s'est en effet engagé à faire pression sur Ottawa afin d'étendre la Loi 101 aux entreprises de juridiction fédérale. Il s'agit là d'un thème qu'on associait surtout aux souverainistes, le Bloc québécois l'ayant notamment pour cheval de bataille depuis des années.

«Moi je suis prêt à avoir cette discussion-là avec le fédéral. Je pense que la protection de la langue au Québec, ça déborde les frontières des compétences», a indiqué le chef libéral.

En novembre dernier, le lieutenant de Stephen Harper au Québec, Christian Paradis, a annoncé la création d'un «comité consultatif» devant se pencher sur l'utilisation du français dans les entreprises soumises à la juridiction fédérale, telles que les banques.

Près de 10 mois plus tard, la promesse conservatrice semble tombée dans l'oubli, les conservateurs n'ayant toujours pas fait connaître le nom des personnes qui siégeraient sur ce comité.

M. Charest voudrait remettre le sujet sur le tapis. «Le Parlement fédéral (...) a quand même reconnu le Québec comme nation. Bon. Donnons un sens aux mots», a insisté M. Charest.

Pas besoin de toucher à la Constitution pour régler la question, a-t-il assuré. Mais la pilule serait-elle difficile à faire passer auprès des anglophones du Québec et des autres provinces? M. Charest croit qu'il faut avant tout «élever le débat».

«Le fait qu'au Canada nous ayons deux langues officielles représente un atout extraordinaire pour notre pays», a répondu M. Charest à la question d'un journaliste anglophone.

«Lorsque nous regardons ces thèmes, nous ne devrions pas les regarder à travers le spectre étroit de la loi (101), mais selon ce que cela apporte à ma vie et à mon pays.»

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