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A la mine de Marikana, des mineurs reprennent le travail par petits groupes

27/08/2012 02:27 EDT | Actualisé 26/10/2012 05:12 EDT

Des mineurs de Marikana reprenaient le travail lundi matin par petits groupes onze jours après la sanglante intervention policière qui a fait 34 morts sur ce site d'extraction de platine du nord de l'Afrique du Sud.

La ministre du Travail Mildred Oliphant a par ailleurs affirmé que les discussions entamées la semaine dernière entre les partenaires sociaux, dont l'exploitant de la mine Lonmin, reprendraient mercredi.

"Je suis venu ici pour voir si on pouvait reprendre le travail sans danger", a dit à l'AFP un mineur, Johannes Ndebele, alors que des travailleurs se dirigeaient vers les grilles du site au milieu de patrouilles de police.

"La police nous a dit de ne pas traîner en groupes autour de la mine, ils disent que c'est pour notre sécurité", a-t-il ajouté.

"J'ai décidé de reprendre le travail, parce que la grève n'a rien donné, mais d'autres gars au foyer (où il loge) veulent continuer la grève, ils disent qu'ils veulent l'argent", ajoute-t-il, en référence aux revendications salariales à l'origine du mouvement lancé le 10 aout.

La plupart des mineurs interrogés par l'AFP disaient cependant être des ouvriers sous contrat temporaire, qui n'ont pas le droit de grève. Ils affirment que nombre d'entre eux ne sont pas venus par peur des réactions des grévistes.

Les accès à la mine étaient contrôlés par des gardes de sécurité armés.

La situation était parfaitement calme dans le village des mineurs, où des patrouilles de police passaient régulièrement.

Interrogée sur une radio lundi matin, la ministre du Travail a déclaré: "Une réunion aura lieu cette semaine, mercredi, pour discuter des sujets qui doivent être traités, particulièrement pour que chacun s'engage, et notamment les syndicats, à ce qu'il n'y ait pas de violence chaque fois qu'il y a une grève".

"La semaine dernière vendredi", a-t-elle rappelé, "j'ai rencontré Lonmin, NUM (...) et l'AMCU pour essayer de résoudre les problèmes (...) et nous sommes tombés d'accord sur le fait que tout le monde doit s'engager à une solution pacifique (...) de façon à ce que nous puissions tous signer un accord de paix".

NUM est le grand syndicat majoritaire du secteur des mines, et AMCU est une petite formation dissidente qui a soutenu la grève sauvage de Marikana, appuyant des demandes d'augmentations salariales substantielles de 3.000 foreurs sur les 28.000 employés du site.

Les événements de Marikana, qui ont bouleversé l'Afrique du Sud, ont fait au total 44 morts. Dix hommes dont deux policiers ont été tués entre le 10 et le 12 août dans des affrontements intersyndicaux. Puis une fusillade policière a fait 34 morts le 16 août. La semaine dernière avait été décrêtée semaine de deuil national par le président Jacob Zuma.

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