La tempête Isaac se renforce à l'approche de la Floride

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Un habitant des Keys, en Floride, protége sa maison avant l'arrivée de la tempête Isaac. (AFP)
Un habitant des Keys, en Floride, protége sa maison avant l'arrivée de la tempête Isaac. (AFP)

TAMPA (Etats-Unis), 26 août 2012 (AFP) - La tempête tropicale Isaac progressait rapidement en direction de la Floride et il était prévu qu'elle devienne un ouragan dimanche, obligeant le Parti républicain à reporter d'une journée les principaux rendez-vous de sa convention, après avoir fait quatre morts à son passage en Haïti.

Avec des vents atteignant 100 kilomètres/heure, la tempête a quitté Haïti et a traversé Cuba, samedi en fin de journée, a annoncé le Centre américain de surveillance des ouragans (NHC), estimant qu'elle atteindrait probablement la Floride dans les prochaines 24 heures.

Une alerte à l'ouragan a été décrétée pour l'archipel des Keys en Floride et certaines autres zones de cet Etat du sud-est des Etats-Unis.

Le Parti républicain a annoncé que ces sérieux avertissements météorologiques avaient entraîné un report du début de son rassemblement de quatre jours prévu à Tampa (est de la Floride). Tout devrait désormais commencer mardi après-midi au lieu de lundi. Près de 50.000 personnes, dont des journalistes, des délégués et des invités de marque, y sont attendues.

Tôt dimanche, la tempête était à 330 kilomètres à l'est-sud-est de Key West (Floride) et se déplaçait vers le nord-ouest à environ 30 kilomètres/heure, les prévisions annonçant qu'elle se renforcerait pendant les prochaines 48 heures, a indiqué le NHC.

"Isaac devrait avoir une puissance semblable à celle d'un ouragan lorsque la tempête atteindra l'archipel des Keys en Floride", a prévenu cet organisme, dont le siège est à Miami, dans ce même Etat.

Quatre personnes sont mortes samedi en Haïti, encore sous le coup du séisme de 2010, au passage de la tempête Isaac.

Ainsi, une fillette de huit ans a été tuée dans l'effondrement du mur de sa maison et une femme de 51 ans a perdu la vie après la chute de son toit, a indiqué à l'AFP la protection civile.

En outre, 5.000 personnes et dix-huit camps de victimes du séisme de 2010 ont été évacués, a-t-elle ajouté.

Le président d'Haïti Michel Martelly, qui avait annulé un voyage au Japon, a suggéré de "profiter de l'occasion pour voir si on ne peut pas retirer définitivement les gens des camps". Il a par ailleurs déploré que seuls deux milliards de dollars d'aide sur les 13 promis après le tremblement de terre soient parvenus à Haïti.

Les vents s'étaient calmés samedi soir sur Haïti, mais l'électricité restait coupée à Port-au-Prince et les communications internet étaient toujours perturbées, a constaté un correspondant de l'AFP. Plus tôt dans la journée, des tentes et des toitures avaient été emportées, et des arbres arrachés par de fortes bourrasques et des pluies torrentielles.

Avions US mis à l'abri

Le gouverneur de la Floride Rick Scott a décrété samedi l'état d'alerte dans son Etat, afin de mobiliser les secours, mais a prévenu qu'il n'était pour le moment pas question d'annuler la convention.

Le vice-président démocrate des Etats-Unis Joe Biden a renoncé pour sa part à se rendre lui aussi à Tampa lundi afin de pas interférer avec l'éventuelle mobilisation des forces de l'ordre face à la tempête.

Le Pentagone a mis à l'abri une trentaine de ses avions, 22 avions F-16 et huit avions C-130, déplacés de leurs bases de Floride vers le Texas et Porto Rico.

En Haïti, la reconstruction du pays après le séisme qui a fait plus de 250.000 morts en 2010 est loin d'être achevée et environ 400.000 personnes vivent encore dans des camps de déplacés.

Au passage de la tempête, environ 300 maisons ont été endommagées et 20 détruites dans un village près de Port-au-Prince, a rapporté un parlementaire.

Les populations les plus à risque sont surtout les victimes du séisme de 2010 qui vivent dans les camps. "Sans un système d'égoûts et de logement stables, les fortes pluies et les vents forts peuvent créer des problèmes bien plus importants tels que des maladies ou une contamination de l'eau", selon Jean-Claude Mukadi, directeur de l'association humanitaire World Vision Haïti.