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Présidentielle américaine: les positions d'Obama et Romney sur l'économie

26/08/2012 07:41 EDT | Actualisé 26/10/2012 05:12 EDT

WASHINGTON - WASHINGTON (Sipa) — Voici quelques repères sur les principaux bilans et positions en matière économique du président sortant démocrate Barack Obama et de son rival républicain Mitt Romney, à l'occasion des conventions nationales de leur parti.

Elles se tiennent tous les quatre ans pour investir officiellement leur candidat à la présidence et à la vice-présidence. Celle du Parti républicain a lieu du 27 au 30 août à Tampa (Floride), suivie par la convention démocrate, du 4 au 6 septembre à Charlotte (Caroline du Nord).

BARACK OBAMA

- Economie: c'est un des principaux enjeux de l'élection présidentielle américaine. Le président Obama, élu en novembre 2008 et entré en fonction en janvier 2009, a dû faire face depuis à un taux de chômage élevé, supérieur à 8%. L'économie américaine, entrée en récession en décembre 2007 durant le mandat de son prédécesseur George W. Bush, en est officiellement sortie en juin 2009. L'économie aura perdu 8,7 millions d'emplois durant cette récession, et en a retrouvé depuis 3,9 millions.

D'après le Bureau du budget du Congrès américain, organisme fédéral non partisan chargé d'analyser la politique budgétaire américaine, le plan de relance de l'économie décidé par le président Obama aura permis de faire baisser le taux de chômage de 1,8 point de pourcentage. Après un pic à 10% en octobre 2009, il s'élevait à 8,3% en juillet 2012, malgré 163.000 créations d'emplois le même mois.

Il s'agit du meilleur résultat en matière de création d'emplois depuis février, avec une moyenne de 151.000 depuis le début de l'année. Mais c'est insuffisant pour résorber le chômage, qui frappe 12,8 millions d'Américains. Les chiffres du chômage restent trop élevés, a reconnu M. Obama, même si, a-t-il noté, le secteur privé a créé 4,4 millions d'emplois en deux ans et demi. "Nous avons encore du travail à accomplir", a-t-il dit. Quant à la croissance, elle reste modeste: 1,5% au deuxième trimestre 2012, après 2% au premier.

Les statistiques du chômage seront publiées à trois reprises encore avant l'élection présidentielle: en septembre, au lendemain du discours de Barack Obama lors de la convention démocrate; en octobre, peu après un débat sur l'économie entre les deux candidats; puis en novembre, quelques jours avant le scrutin.

Barack Obama veut une économie "bâtie pour durer". Les plans d'aide aux secteurs bancaire, financier et automobile seront notamment poursuivis, des incitations fiscales sont prévues pour les industriels relocalisant leur production aux Etats-Unis -avec inversement des pénalités en cas de délocalisations.

- Impôts: Barack Obama souhaite une prolongation du programme de réduction d'impôts pour les revenus inférieurs à 200.000 dollars par an (161.590 euros). Les revenus supérieurs à 250.000 dollars par an seraient en revanche imposés. Ceux supérieurs à un million de dollars par an seraient taxés à 30%, avec une tranche d'imposition maximale de 39,6% pour les plus hauts revenus. Dividendes et revenus du capital feraient également l'objet de nouvelles taxes.

"Si vous faites partie des 98% de familles américaines gagnant moins de 250.000 dollars par an, vos impôts n'augmenteront pas", promet Barack Obama sur son site de campagne.

- Dette et déficit: le président sortant espère réduire les déficits de quelque 4.000 milliards (3.231 milliards d'euros) en dix ans, en diminuant les dépenses, notamment en matière militaire et en taxant plus lourdement les plus riches. Les augmentations d'impôts devraient rapporter 1.500 milliards de dollars (1.211 milliards d'euros) pour la décennie.

Le déficit, selon des chiffres publiés fin juillet par la Maison Blanche, devrait atteindre 1.200 milliards de dollars (969,5 millions d'euros) à la fin de l'année fiscale 2012 qui se termine au 30 septembre. Les dépenses publiques devraient représenter selon les estimations 23,5% du produit intérieur brut (PIB) en 2012. L'objectif est de les ramener à 21,8% d'ici 2016.

MITT ROMNEY

- Economie: co-fondateur dans les années 1980 d'une firme d'investissement, disposant d'une importante fortune personnelle, Mitt Romney met en avant sa connaissance de l'économie et du monde des affaires. Pour le rival républicain de Barack Obama, "il est essentiel de définir le rôle approprié du gouvernement fédéral dans notre vie économique".

Barack Obama "semble croire que le gouvernement peut faire un meilleur travail pour gérer l'économie que des gens libres et la libre entreprise. Je ne suis pas d'accord", souligne Mitt Romney sur son site de campagne. Washington et le gouvernement fédéral, estime-t-il, sont devenus des "obstacles à la croissance économique" et le taux de chômage "au-dessus de 8% pour 42 mois consécutifs" est un "coup de marteau" sur les classes moyennes.

Mitt Romney promet s'il est élu de relancer l'économie, "avec 12 millions d'emplois créés d'ici la fin de (son) premier mandat" en 2016. Il veut remplacer l'allocation chômage par un compte-épargne. Le candidat républicain compte réduire les dépenses fédérales pour les ramener à 20% du PIB d'ici 2016, sans entrer dans le détail de son plan.

Parmi les quelques précisions fournies figurent un projet de réduction de 10% des effectifs fédéraux et la suppression de 1,6 milliard de dollars de subventions (1,29 milliard d'euros) à l'entreprise ferroviaire publique Amtrak. Il promet aussi l'indépendance énergétique de l'Amérique du Nord d'ici 2020 grâce à un vaste programme d'extension des forages pétroliers qui permettrait selon lui la création de plus de trois millions d'emplois et plus de 1.000 milliards de dollars (798 milliards d'euros) de recettes.

- Impôts: Mitt Romney prône une baisse générale des impôts sur toutes les tranches de revenus. La tranche maximale passerait de 35% à 28% et la tranche inférieure de 10% à 8%. Des crédits d'impôts sont prévus pour les hauts revenus, ainsi qu'une baisse de l'impôt sur les sociétés, qui passerait de 35 à 25%. Mitt Romney ne livre pas de détails sur le financement de ces mesures. Sur le plan législatif, il propose par ailleurs l'abrogation des lois Dodd-Frank réformant le secteur financier et Sarbanes-Oxley renforçant les règlements en matière comptable, après de multiples scandales comme celui d'Enron.

Sur Internet:

- site de campagne de Barack Obama: www.barackobama.com/

- site de campagne de Mitt Romney: www.mittromney.com/

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