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Première apparition publique du vice-président syrien en plus d'un mois

26/08/2012 12:17 EDT | Actualisé 26/10/2012 05:12 EDT

Le vice-président syrien Farouk al-Chareh est apparu dimanche en public pour la première fois depuis plus d'un mois après d'intenses spéculations sur son sort provoquées par des informations sur une tentative de défection.

Il est apparu devant les journalistes, dont celui de l'AFP, peu avant une rencontre à Damas avec Alaeddine Boroujerdi, président de la commission parlementaire iranienne pour la politique étrangère, dont le pays est le principal allié régional du régime du président syrien Bachar al-Assad.

M. Chareh a ensuite entamé ses discussions avec le responsable iranien dans son bureau dans la capitale syrienne.

Le vice-président syrien, qui a subi il y a trois ans une opération à coeur ouvert à Beyrouth, paraissait fatigué et plutôt grave.

M. Chareh a été vu en public pour la dernière fois aux funérailles officielles de hauts responsables de la sécurité, dont le beau-frère du président Assad, tués dans un attentat spectaculaire à Damas le 18 juillet.

Son sort avait fait l'objet d'intenses spéculations après que l'opposition a fait état le 18 août d'une tentative de défection, aussitôt démentie par les médias officiels qui ont cité un communiqué de son bureau affirmant qu'il "n'avait jamais pensé à quitter le pays".

Mais le vice-président n'avait été été vu à la télévision officielle ou en public.

L'agence officielle syrienne de presse Sana a affirmé samedi qu'un faux courriel avait été envoyé en son nom annonçant le limogeage de M. Chareh.

Un ancien vice-ministre syrien du Pétrole, Abdo Houssameddine, qui avait fait défection en mars, avait affirmé à la mi-août que le vice-président se trouvait "depuis un certain temps en résidence surveillée".

Les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL) avaient parlé d'une "tentative de défection" qui "s'est soldée par un échec".

Le régime syrien a été secoué ces derniers mois par des défections spectaculaires comme celle du Premier ministre Riad Hijab, un ancien fidèle du régime, ou encore du général Manaf Tlass, le plus haut gradé syrien ayant fait dissidence, qui était un ami d'enfance du président Assad.

M. Chareh, la personnalité sunnite la plus en vue au sein du pouvoir alaouite (branche du chiisme), est un homme de confiance du régime. Il a dirigé pendant 22 ans la diplomatie syrienne du temps de l'ex-président Hafez al-Assad et de son fils Bachar, avant de devenir vice-président en 2006.

Agé de 73 ans, il est né à Deraa dans le sud de la Syrie, berceau de la contestation contre Bachar al-Assad qui a éclaté en mars 2011 avant de se transformer en rébellion armée face à la répression sanglante menée par le régime.

Il avait proposé dès le début de la crise de servir de médiateur, mais les durs du régime, notamment Maher al-Assad, frère cadet du président, l'ont brutalement éconduit, selon des diplomates européens en poste à l'époque à Damas.

Cherchant toujours à mettre fin à l'effusion du sang, il a, au nom du régime, organisé une réunion en juillet 2011 sur le dialogue national, mais celle-ci a fait long feu et la répression a repris.

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