NOUVELLES

Plusieurs centaines de civils tués à Daraya en une semaine, selon l'opposition

26/08/2012 08:54 EDT | Actualisé 26/10/2012 05:12 EDT

AMMAN, Jordanie - Plusieurs centaines de civils ont été tués au cours de la semaine écoulée lors d'une vaste opération lancée par les forces syriennes pour reprendre aux insurgés le contrôle de Daraya dans la banlieue sud-ouest de Damas, a rapporté dimanche l'opposition. La Grande-Bretagne, selon le ministre britannique chargé du Moyen-Orient, Alistair Burt, est profondément préoccupée par les informations faisant état du "massacre sauvage de civils" à Daraya.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), les corps de 32 civils ont été découverts dimanche dans les rues de Daraya. Trois femmes et deux enfants figurent parmi les 32 civils, qui ont été tués "par des tirs ou sommairement exécutés". Au total 320 personnes, ont total, ont été tuées en une semaine à Daraya, a ajouté l'OSDH, qui a par ailleurs fait état de bombardements des forces syriennes à Alep (nord) et Deraa (sud). Ces violences ont fait des victimes, ajoute l'OSDH sans pouvoir en préciser le nombre.

Les Comités locaux de coordination, un autre groupe de l'opposition, a de son côté cité les chiffres de 300 cadavres découverts samedi à Daraya, et 633 morts depuis le lancement de l'offensive des forces gouvernementales. Ces bilans ne peuvent pas être vérifiés de source indépendante, en raison des restrictions de déplacement imposées à la presse par les autorités syriennes.

D'après les Comités locaux de coordination, les victimes tuées à Daraya ont été inhumées dimanche dans des fosses communes. Une vidéo mise en ligne sur Internet par le mouvement montre des corps ensanglantés enveloppés dans des couvertures, gisant côte à côte et recouverts de branches. Une autre vidéo diffusée sur le web, datée de samedi, montre des dizaines de corps sur le sol d'une mosquée de Daraya. Un commentateur anonyme explique qu'il y a là 150 cadavres et rend responsable de la tuerie des shabiha, miliciens pro-régime.

L'authenticité de ces deux vidéos n'a pas pu être établie de source indépendante. Jeudi, les forces syriennes appuyées par des blindés et des hélicoptères d'attaque avaient lancé l'assaut à Daraya, après plusieurs jours de violents combats et bombardements.

A Londres, le ministre chargé du Moyen-Orient au Foreign Office, Alistair Burt, a souligné que ces nouveaux massacres, s'ils étaient confirmés, constitueraient une "atrocité d'une nouvelle ampleur, exigeant une condamnation sans équivoque de toute la communauté internationale".

Cela "met en lumière le besoin urgent d'une action internationale pour faire cesser les violences, mettre fin à cette culture de l'impunité et faire répondre de leurs actes les responsables" de ces exactions, a-t-il ajouté. Le ministre ajoute s'en être entretenu avec le représentant spécial conjoint des Nations unies et de la Ligue arabe pour la Syrie, Lakhdar Brahimi.

A Damas, par ailleurs, le vice-président syrien Farouk al-Chareh a fait dimanche une apparition en public pour la première fois depuis plusieurs semaines, mettant fin aux rumeurs de défection.

Farouk al-Chareh avait été vu pour la dernière fois lors des funérailles de quatre hauts responsables tués le 18 juillet dans un attentat à l'explosif contre le bâtiment de la Sécurité nationale à Damas. Des rumeurs de sa défection et de sa fuite vers Amman circulaient depuis, démenties de façon répétée par le cabinet du vice-président et la Jordanie.

Dimanche, des journalistes ont vu Farouk al-Chareh sortir de sa voiture et se diriger vers son bureau pour une réunion avec Aladdin Boroujerdi, responsable de la commission parlementaire de la sécurité nationale et des affaires étrangères au Majlis, le Parlement iranien.

Selon un journaliste de l'Associated Press, M. Al-Chareh a été vu à l'entrée de son bureau, serrant la main à son interlocuteur iranien. Le vice-président, l'air sérieux, s'est tenu à l'écart des journalistes couvrant la réunion et n'a pas fait de commentaires.

PLUS:pc