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Pauline Marois corrige ses propos sur les souverainistes conservateurs

26/08/2012 10:38 EDT | Actualisé 26/10/2012 05:12 EDT

MONTREAL - Pauline Marois a dû corriger ses dires une nouvelle dimanche après avoir envoyé les souverainistes de droite frapper aux portes de la Coalition avenir Québec (CAQ) et du Parti libéral (PLQ).

En conférence de presse en matinée à Montréal, la chef péquiste a défini l'enjeu du scrutin du 4 septembre comme étant un choix entre le «progressisme» du Parti québécois et le «conservatisme» de la CAQ de François Legault et du PLQ de Jean Charest.

«C'est sûrement un choix que je traduirais entre des progressistes et des conservateurs, entre des souverainistes et des fédéralistes, entre des gens qui veulent défendre les intérêts du Québec et d'autres qui n'ont pas réussi à le faire ou qui proposent de ne pas le faire», a-t-elle expliqué.

A deux reprises, un journaliste lui a alors demandé quelle était sa suggestion aux souverainistes conservateurs.

«Qu'ils fassent leur choix, ils ont deux partis conservateurs devant eux», a lancé Mme Marois.

Moins de 90 minutes plus tard, sentant la soupe chaude, l'état-major péquiste a convoqué de nouveau les reporters pour rectifier le tir.

Mme Marois n'avait apparemment pas compris la question, faisait-on valoir dans son entourage et sa garde rapprochée.

«Ça a l'air qu'il faut corriger le vent!, s'est exclamée la chef du Parti québécois, d'entrée de jeu, au moment de tenter de remettre les pendules à l'heure.

«Je m'excuse, je n'ai vraiment pas entendu la question, je croyais que vous me demandiez que devaient faire les fédéralistes conservateurs», a-t-elle soutenu.

Or, les souverainistes de droite peuvent être rassurés, a insisté Mme Marois. Le Parti québécois «a toujours dirigé le Québec en étant très responsable dans ses politiques économiques (et) dans ses politiques sociales audacieuses», a-t-elle argué.

Le meilleur exemple de la rigueur péquiste est le cadre financier du parti qui respecte «la capacité de payer» des contribuables, a déclaré la leader du PQ à l'intention des souverainistes de droite.

Il s'agit néanmoins d'une nouvelle controverse pour Mme Marois, qui a été contrainte ces derniers jours de clarifier ses propos sur deux enjeux fondamentaux: le projet de loi instaurant la citoyenneté québécoise et la portée des référendums d'initiative populaire (RIP).

A cela s'ajoute l'embarras que lui a causé samedi son ancien patron Jacques Parizeau en appuyant la candidature de Jean-Martin Aussant, chef du parti Option nationale, concurrent souverainiste du Parti québécois.

Venu prêter main forte à Mme Marois dimanche à Montréal, le candidat péquiste de Rosemont et ex-conseiller de M. Parizeau, Jean-François Lisée, a déploré la décision de l'ex-premier ministre péquiste.

«Je pense que ce serait mieux que l'on tire tous dans la même direction», a dit M. Lisée, appelant l'ensemble des souverainistes et des progressistes à se rallier au Parti québecois pour lui donner un mandat majoritaire.

Au 26e jour de la campagne électorale, la caravane péquiste a sillonné des circonscriptions montréalaises pour tenter de convaincre les électeurs «progressistes», associés à la gauche de l'échiquier politique et à Québec solidaire, d'appuyer le PQ.

Mme Marois a mis l'emphase sur la circonscription de Gouin, où elle est allée faire du porte en porte avec le député sortant Nicolas Girard. Le réélection de M. Girard, l'une des vedettes de l'équipe péquiste, est loin d'être acquise alors que la coporte-parole de Québec solidaire, Françoise David, lui livre une chaude lutte.

Même si le Parti québécois trône au sommet des sondages, une nervosité certaine règne parmi les troupes péquistes inquiètes de voir la majorité leur échapper le 4 septembre.

Mme Marois a enfoncé le clou, soulevant les risques que représentent à ses yeux l'élection d'un gouvernement minoritaire.

«C'est une crainte que doivent avoir les citoyens du Québec d'avoir un gouvernement minoritaire qui va amener des partis politiques à empêcher le gouvernement d'adopter des politiques progressistes et audacieuses», a-t-elle affirmé.

Mme Marois se fait loquace pour mettre en garde la population contre les dangers d'un gouvernement minoritaire mais devient beaucoup plus discrète à propos du sort qui serait réservé au projet souverainiste dans un tel contexte.

«C'est une question hypothétique et moi je travaille pour former un gouvernement majoritaire», s'est-elle limitée à dire.

En ce qui concerne les engagements électoraux quotidiens, la leader péquiste a promis la construction de 3000 logements sociaux et communautaires par année pendant 5 ans, un investissement de 35 millions $.

Le PQ s'engage aussi à injecter 25 millions $ sur cinq ans _ un montant non récurrent _ pour stimuler la construction de logements et accroître l'offre.

En matière d'accès à la justice, un gouvernement péquiste offrirait l'aide juridique gratuite aux travailleurs à temps plein au salaire minimum, une mesure de 16 millions $.

Enfin, le Parti québécois élargirait la couverture du programme d'indemnisation des victimes d'acte criminel, une promesse évaluée à 6 millions $.

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