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Jeux Paralympiques - Pour la Chine, la marche sera plus haute qu'à Pékin

26/08/2012 06:48 EDT | Actualisé 26/10/2012 05:12 EDT

Une nouvelle génération d'athlètes chinois est arrivée à Londres dans l'espoir de faire aussi bien aux jeux Paralympiques que leurs compatriotes aux JO-2012, mais les responsables minimisent leurs chances de réitérer l'exceptionnelle moisson de 2008.

La Chine avait écrasé les épreuves handisport en 2008 à Pékin en raflant 211 médailles, dont 89 en or, deux fois plus que son premier poursuivant, la Grande-Bretagne (102 et 42).

Mais le pays le plus peuplé du monde (1,3 milliard d'habitants dont plus de 80 millions d'handicapés) avait à l'époque aligné 332 athlètes - la plus importante délégation de l'histoire des jeux Paralympiques - alors qu'elle n'en a envoyé "que" 282 à Londres.

Et la moitié d'entre eux n'a jamais participé à des Jeux.

Jia Yong, vice-président de la Fédération chinoise des personnes handicapées, estime que la Chine pourrait ainsi se satisfaire cette année d'une place parmi les trois premières nations au tableau final des médailles.

D'autres cadres des instances sportives nationales soulignent qu'en 2008, la Chine avait des représentants dans tous les sports en tant que pays hôte: à Londres, ses athlètes ont échoué à se sélectionner dans cinq des 20 disciplines au programme.

"La Chine est face à un défi beaucoup plus sérieux qu'à Pékin, la bataille pour chaque médaille d'or à Londres sera plus rude", résumé Wang Naikun, numéro deux de la délégation paralympique chinoise.

Le pays garde néanmoins de bonnes chances de briller - et de se hisser sur la plus haute marche du podium final - tant sa domination est écrasante en athlétisme, haltérophilie, judo et escrime handisport.

A Pékin, la Chine avait remporté 38 de ses médailles d'or dans le Nid d'oiseau, dont le 4x100 m en fauteuil, une des épreuves phares de la compétition. Huit des 12 membres de l'équipe de course en fauteuil sélectionnée pour Londres était déjà présents à Pékin, dont le capitaine, quadruple médaillé d'or, Zhang Lixin.

Yang Zhonghua, patron des équipes de course et de saut, tempère cependant les attentes chinoises en rappelant que de nombreux athlètes qualifiés pour Londres n'ont quasiment pas d'expérience internationale.

"Ces jeunes athlètes n'ont jamais concouru dans un tournoi majeur. Ils pourraient se retrouver en difficulté", a-t-il dit à la télévision publique China National Television. Les vétérans, quant à eux, veulent bien faire à l'occasion de leurs derniers jeux. "Nous sentons vraiment de la pression", reconnaît Yang Zhonghua.

Les escrimeurs tenteront d'améliorer leur palmarès pékinois (4 médailles) avec une équipe forte de trois champions du monde. Les équipes de natation et de tir à l'arc ne sont pas en reste.

En football, les médaillés d'argent de Pékin, défaits en finale par le Brésil, sont vice-champions du monde en titre (2010) et tenants de la Coupe d'Asie 2011.

L'équipe - formée en majorité de personnels des forces armées - se présente à Londres au terme de neuf mois d'entraînement intensif dans la province de Fujian (sud-est).

Environ la moitié des athlètes paralympiques chinois sont issus du Centre d'entraînement handisport de Pékin, construit pour les Jeux de 2008, le plus important de ce type dans le monde.

Le succès des athlètes handicapés chinois s'explique par une politique d'intégration volontariste des autorités et la lutte contre les discriminations dont ils ont longtemps souffert, a indiqué à l'AFP Zhao Qian, officiel de la délégation paralympique.

"Il y a eu un énorme changement dans la situation des personnes handicapées en Chine" ces 25 dernières années, affirme-t-il. "Les handicapés ont davantage confiance dans leur capacité à réaliser leurs rêves, et nous les encourageons à faire du sport".

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