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Géographie électorale et place du conservatisme retiennent l'attention

26/08/2012 05:53 EDT | Actualisé 26/10/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Les stratégies géographiques, la culture et la place des conservateurs (au sens large du thème) dans le mouvement souverainiste ont retenu l'attention au cours de la 26e journée de la campagne électorale.

Le chef caquiste François Legault s'est gaussé de son adversaire libéral Jean Charest parce que celui-ci faisait campagne en Outaouais, une forteresse libérale depuis plusieurs décennies. Pauline Marois, elle, a fermé momentanément la porte aux souverainistes de droite afin de la rouvrir peu après.

Les dernières défaites libérales dans cette région remontent en 1976 alors qu'ils avaient perdu Papineau par 67 votes et Hull par deux votes.

«Je pense que Jean Charest sent la soupe chaude, il est ici aujourd'hui, parce qu'il se dit: un instant, on risque de perdre cette région, qu'on prenait pour gagnée d'avance. Je pense que M. Charest est nerveux.»

M. Legault a toutefois dû se défendre de négliger lui-même certaines régions périphériques. À un peu plus d'une semaine du scrutin, il n'a toujours pas fait campagne en Côte-Nord, aux Îles-de-la-Madeleine, en Gaspésie, en Abitibi, ainsi qu'au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Curieux, pour un chef de parti qui aspire à être premier ministre du Québec, a demandé un des journalistes.

«On va probablement être dans quelques jours au Saguenay-Lac-Saint-Jean, a-t-il répondu en conférence de presse en matinée. On est allé au Bas-Saint-Laurent (...). Il reste encore neuf jours, on va faire la tournée du Québec.»

De son côté, M. Charest, lui aussi en campagne en Outaouais, s'est défendu d'y faire campagne parce qu'il craignait de perdre l'un de ses bastions.

«Pas du tout!», a lancé le chef libéral, qui a affirmé par ailleurs être «en grande forme», «serein et confiant».

Il a toutefois indiqué qu'il ne tenait rien pour acquis, ni auprès des électeurs de l'Outaouais qui votent traditionnellement en masse pour le PLQ, ni auprès des électeurs anglophones, courtisés par François Legault au cours de la campagne.

Le chef libéral a aussi affirmé qu'il ne voyait aucun «impact positif» possible à une élection d'un gouvernement péquiste ou caquiste pour le commerce québécois avec les autres provinces et les États-Unis.

Fidèle au discours qu'il tient depuis plusieurs jours, le chef libéral a confié croire que Pauline Marois et François Legault ne cherchent que la «chicane avec les autres».

«Quand on se fait élire, nous, c'est pour s'entendre avec nos voisins, pas se chicaner avec eux. C'est ça, la différence», a tranché le chef libéral.

Question de culture

M. Charest profité de sa visite pour faire une série d'annonces touchant la culture. S'il est réélu, un gouvernement libéral investirait notamment 15 millions $ pour accroître l'offre télévisuelle et le contenu web destinés aux jeunes.

Il travaillerait à améliorer la diffusion du cinéma québécois en région et accorderait plus de financement aux diffuseurs pluridisciplinaires. Enfin, il lancerait un projet expérimental de réseau média sur Internet, géré par Télé-Québec, qui viserait à bonifier l'offre d'informations locales à travers la province.

Québec Solidaire a lui aussi présenté son programme culturel. Le parti de gauche propose notamment d'assurer l'accès à quatre manifestations culturelles par année aux élèves du primaire et du secondaire, de façon à faire aimer la culture aux enfants et à en faire de futurs citoyens qui fréquenteront les institutions culturelles.

Il s'engage aussi à adopter une politique du livre afin de «préserver les librairies et de favoriser la diversité des parutions».

La coporte parole de QS, Françoise David, se montre optimiste alors que s'amorce le dernier droit de la course électorale. Elle compte intensifier sa présence sur le terrain pour le dernier droit de la campagne électorale. Les militants doivent maintenant trouver le moyen de convertir l'intérêt des gens pour le parti et les éloges reçus à la suite de la joute oratoire en vote, souligne-t-elle.

Et la droite souverainiste ?

Rien ne démontre plus cette montée en faveur de Françoise David que cette autre visite de la chef péquiste Pauline Marois dans la circonscription de Gouin, là où se présente la coporte-parole de QS.

Mme Marois a dû se dédire après qu'elle eut fermé la porte aux souverainistes de droite.

Après avoir défini, dans un premier temps, l'enjeu des élections comme étant un choix entre le progressisme et le conservatisme, elle a déclaré que les conservateurs avaient un choix puisqu'ils avaient deux partis de droite devant eux.

Elle a rectifié le tir, moins de 90 minutes plus tard, affirmant avoir mal compris la question. «Je m'excuse, je n'ai vraiment pas entendu la question, je croyais que vous me demandiez que devaient faire les fédéralistes conservateurs», a-t-elle soutenu.

Les souverainistes de droite peuvent être rassurés, a insisté Mme Marois. Le Parti québécois «a toujours dirigé le Québec en étant très responsable dans ses politiques économiques (et) dans ses politiques sociales audacieuses», a-t-elle fait valoir.

Le meilleur exemple de rigueur péquiste est le cadre financier du parti qui respecte «la capacité de payer» des contribuables, a déclaré la leader du PQ à l'intention des souverainistes de droite.

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