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CORRIGÉ: Des centaines de morts découverts près de Damas, violents combats à Alep

26/08/2012 03:35 EDT | Actualisé 25/10/2012 05:12 EDT

Des centaines de corps ont été découverts samedi et dimanche près de Damas, dans la localité de Daraya où l'armée mène une vaste opération depuis mardi pour chasser les rebelles, au moment où de violents combats opposaient les deux camps dans la deuxième ville de Syrie, Alep.

Au moins 320 corps ont été retrouvés à Daraya selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), la majorité des victimes ayant été tuées depuis le début de l'opération militaire lancée il y a cinq jours.

Samedi, les violences ont fait au moins 183 morts à travers le pays "dont au moins 34" à Daraya, a indiqué l'OSDH, organisation basée en Grande-Bretagne qui s'appuie sur des militants et des témoins.

Le bilan est impossible à confirmer de source indépendante compte tenu des restrictions imposées à la presse par Damas.

Alors que le mois d'août est déjà le plus meurtrier du conflit syrien avec plus de 4.000 morts en trois semaines, les découvertes macabres, souvent les cadavres de personnes victimes d'une exécution sommaire, se multiplient en Syrie depuis quelques semaines.

Face aux violences qui ne faiblissent pas après plus de 17 mois de conflit, Lakhdar Brahimi, nouveau médiateur international pour la Syrie, s'est dit "flatté, touché" mais aussi "effrayé" par la mission qui l'attend, lors d'un entretien avec le chef de l'ONU Ban Ki-moon.

M. Brahimi travaillera depuis New York, tandis que la mission de l'ONU, chargée en avril de surveiller un cessez-le-feu jamais appliqué, a plié bagages après avoir dû interrompre ses patrouilles en juin face à la recrudescence des violences. Son chef, le général sénégalais Babacar Gaye, a quitté Damas samedi.

Dans la vieille ville d'Alep (nord), poumon économique du pays ravagé par plus d'un mois de combat, "la plupart des gens sont partis", a affirmé un rebelle. Ceux qui n'ont pas encore fui se pressent devant les boulangeries, formant de longues files d'attente, a constaté une journaliste de l'AFP.

Dans plusieurs quartiers comme Sakhour (nord-est), Chaar (est) ou encore Salhine (sud), l'Armée syrienne libre (ASL, rebelles) semble contrôler la situation, avec des barrages visibles, selon la journaliste.

Au croisement des quartiers de Ansari (ouest), de Soukkari (sud) et de Firdaous (sud), des chars ont tiré à plusieurs reprises, provoquant la panique des habitants qui se sont réfugiés dans des abris ou des minibus, au milieu d'un nuage de poussière et de fumée.

"Un civil a été tué ici mais les bombardements à l'artillerie font que c'est très dangereux de retirer son corps. Il gît encore là-bas", a déclaré à l'AFP Abou Laith, un rebelle dans la zone voisine de Seif al-Dawla.

L'agence officielle Sana a pour sa part affirmé que les forces armées avaient "purifié" Seif al-Dawla des "groupes terroristes armés", tuant plusieurs d'entre eux.

L'aviation a en outre bombardé plusieurs quartiers tenus totalement ou partiellement par les rebelles, selon l'OSDH.

 

Un chiite libanais libéré

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Depuis le début de la révolte contre le président Bachar al-Assad en mars 2011, les violences ont fait 25.000 morts, selon l'OSDH, et poussé plus de 200.000 Syriens à fuir vers les pays voisins, selon le Haut Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR).

La Suisse a annoncé qu'elle financerait un hôpital de campagne en Syrie et un médecin syrien, Tawfik Chamaa, a précisé au journal La Liberté que la structure serait "opérationnelle d'ici à un mois dans une zone de combat jusque-là délaissée", sans donner de localisation précise.

Sur le plan politique et alors que les défections se sont récemment multipliées, l'agence Sana a affirmé qu'un faux courriel avait été envoyé en son nom annonçant le limogeage du vice-président Farouk al-Chareh, dont le sort fait l'objet d'intenses spéculations depuis que l'opposition a fait état le 18 août d'une tentative de défection, aussitôt démentie par les médias officiels.

Le vice-président n'est pas apparu dans les médias ou en public depuis lors.

Des militants ont par ailleurs fait état samedi sur Facebook de l'arrestation d'un acteur et scénariste anti-régime, Mohammad Omar Osso.

Au Liban voisin, où des affrontements entre partisans et adversaires du régime Assad ont fait 15 morts depuis lundi, un des onze pèlerins chiites libanais retenus en otages depuis mai en Syrie a été relâché et est arrivé samedi à l'aéroport de Beyrouth.

"Tous les autres pèlerins sont sains et sauf. Nous avons été très bien traités", a déclaré Hussein Ali Omar à son arrivée.

La crise syrienne exacerbe les tensions au Liban, qui a connu 30 ans d'hégémonie syrienne et reste profondément divisé entre pro et anti-Assad.

bur-ram/feb

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