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Benoît XVI évoque la "fausseté" de Judas lors de sa trahison de Jésus

26/08/2012 07:11 EDT | Actualisé 26/10/2012 05:12 EDT

Le pape Benoît XVI a évoqué dimanche la trahison de Jésus par Judas, zélote déçu par le refus du Christ de conduire une rébellion contre les occupants romains, en soulignant que sa faute était surtout la "fausseté", du fait d'être resté à ses côtés.

Dans ce qui peut être lu comme une allusion aux tensions actuelles dans l'Eglise et au sein même du Vatican, le pape, qui parlait du balcon de sa résidence d'été à Castel Gandolfo, a estimé que "la fausseté" de Judas était "la faute la plus grave", "la marque du Diable".

"Judas aurait pu s'en aller, comme avaient fait beaucoup de disciples, il aurait même dû s'en aller s'il avait été honnête!", a déclaré le pape théologien devant plusieurs milliers de personnes rassemblées par un temps lourd dans la cour du palais apostolique.

Au lieu de cela, "il est resté avec Jésus. Pas par foi, pas par amour, mais avec le dessein secret de se venger du maître. Pourquoi Judas se sentait-il trahi par Jésus? (...) Judas était un zélote et voulait un messie vainqueur, qui prendrait la tête d'une révolte contre les Romains. Mais Jésus avait déçu cette attente", a-t-il observé.

Judas avait dénoncé Jésus qui, arrêté sur le Mont des Oliviers à Jérusalem, devait être ensuite jugé et crucifié.

Le pape est ainsi revenu sur deux thèmes qui lui sont chers, celui de la séparation entre religion et lutte politique d'une part, et la cohérence personnelle des catholiques d'autre part: beaucoup de prêtres qui rejoignent les révolutions politiques sont désavoués par le Vatican. Selon Benoît XVI, ceux qui sont en désaccord avec cette ligne ont le droit de partir mais ne doivent pas comploter en secret en cachant leur jeu.

Le majordome du pape, Paolo Gabriele, et d'autres fonctionnaires du Vatican ont trahi la confiance du pape et de ses collaborateurs en livrant à l'extérieur des documents confidentiels.

Le scandale "Vatileaks" a été vu comme une trahison grave à l'encontre de Benoît XVI, même si Gabriele a ensuite affirmé avoir voulu aider le pape à faire la transparence face aux intrigues.

jlv/sd

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