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Tunisie: relations tendues entre pouvoir et médias

25/08/2012 02:16 EDT | Actualisé 25/10/2012 05:12 EDT

Rappel des relations tendues entre les médias et le pouvoir en Tunisie depuis la chute du président Zine El Abidine Ben Ali début 2011.

--2011--

- 5-6 mai: Quinze journalistes travaillant pour des médias internationaux et tunisiens sont brutalisés par des policiers lors de manifestations dans le centre de Tunis, des violences inédites depuis la fuite de Ben Ali le 14 janvier.

- 29 juil: La commission chargée des réformes annonce l'adoption d'un nouveau code de la presse donnant plus de liberté aux journalistes.

- 7 oct: La diffusion par la chaîne privée Nessma TV du film franco-iranien "Persepolis" suscite une vague de violences entre partisans des libertés retrouvées et islamistes. Dans une scène du film Dieu est représenté, ce que proscrit l'islam.

Dans les jours qui suivent, des groupes d'extrémistes tentent d'attaquer le siège de la chaîne et le domicile de son patron, Nabil Karoui. Nessma présente ses excuses pour la séquence qui a provoqué la colère des extrémistes.

--2012--

- 7-8 jan: Nominations à la tête des principaux médias publics. Les organisations professionnelles dénoncent une "soumission au diktat politique".

- 8 mars: Le directeur du quotidien arabophone Ettounsia, Nassredine Ben Saïda, est condamné à une amende pour "atteinte aux bonnes moeurs" après avoir publié en Une une photo de nu. Son incarcération huit jours en février est la première d'un journaliste depuis la chute de Ben Ali.

- 24 avril: Limogeage sans ménagement du directeur général de la radio nationale Habib Belaïd. Quatre directeurs de stations régionales annoncent leur démission pour protester.

- 30 avr: L'Instance indépendante chargée de réformer l'information et la communication (Inric) dénonce "les dérives" dans le secteur des médias.

- 3 mai: Nabil Karoui, patron de Nessma TV, jugé après la diffusion de Persepolis, est condamné à une amende de 2.400 dinars (1.200 euros).

- 30 juin: Le directeur de la chaîne nationale de télévision al-Watanya, Sadok Bouaben, est limogé après le passage à l'antenne d'une ancienne responsable du parti de Ben Ali.

- 4 juil: L'Inric se saborde, accusant le gouvernement de recourir à "la censure".

- 25 août: la justice demande le placement en détention de Sami Fehri, patron de la chaîne Ettounsiya TV, dans le cadre d'une affaire de corruption remontant à l'époque de Ben Ali. L'intéressé accuse le pouvoir d'avoir ordonné son arrestation en représailles d'une émission politique satirique du Guignols. La diffusion de celle-ci a été arrêtée mi-août "sous pression" des autorités, selon M. Fehri.

bur-alf/sbh

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