NOUVELLES

Romney tente de recentrer le débat sur l'économie

25/08/2012 10:02 EDT | Actualisé 25/10/2012 05:12 EDT

WASHINGTON - "The economy, stupid!". Le candidat républicain à l'élection présidentielle américaine Mitt Romney tente de mettre fin aux débats enflammés sur les questions de société et de recentrer la campagne sur l'économie, à la veille de la convention de son parti, qui s'ouvre lundi à Tampa (Floride). Une stratégie qui renoue avec le mantra gagnant de Bill Clinton en 1992.

Il est vrai que la campagne de Romney a été secouée cette semaine par la polémique autour des déclarations du représentant républicain et candidat au Sénat Todd Akin. Celui-ci a affirmé que "le corps féminin possède des moyens de bloquer le processus" de grossesse en cas de "viol légitime".

Mitt Romney, son colistier Paul Ryan et d'autres personnalités républicaines ont appelé Akin à renoncer à sa candidature, ce qu'il a refusé. Todd Akin bénéficie toujours du soutien d'une grande partie des chrétiens évangélistes. Une polémique qui a endommagé les efforts républicains visant à afficher un front uni pour la convention de Tampa, au cours de laquelle Romney et Ryan seront officiellement investis par le GOP.

Mitt Romney, qui avait défendu l'avortement lorsqu'il faisait campagne pour remporter, avec succès, le siège de gouverneur du Massachusetts, le condamne désormais sauf en cas de viol, d'inceste ou de danger pour la mère.

Ayant visiblement en tête le souci de vite changer la teneur des débats, Mitt Romney a abordé le terrain économique jeudi en promettant de créer de plus de trois millions d'emplois avec son projet sur l'énergie. L'ancien homme d'affaires à la réussite florissante se dit en mesure de revitaliser une économie actuellement en berne.

L'économie est en effet considérée comme un thème clé pour faire gagner Mitt Romney face à Barack Obama le 6 novembre. Mais l'équipe du président sortant a réussi cet été à détourner les débats de la question et à braquer les projecteurs sur le passé de Mitt Romney, cofondateur du cabinet de capital-investissement Bain Capital, qui lui a permis d'amasser une fortune de 250 millions de dollars (200 millions d'euros), parfois via des délocalisations ayant détruit des emplois américains.

L'accent a également été mis sur le refus de Romney de publier ses impôts sur le revenu remontant à plus de deux ans, ce qui a soulevé des interrogations quant au pourcentage réel de ses revenus reversés au Trésor public et la possible existence d'avoirs cachés à l'étranger.

Dernièrement, avant que n'éclose la polémique sur le viol, les deux camps s'affrontaient sur d'autres questions sociales, comme l'aide aux personnes défavorisées et le système d'assurance santé Medicare, destiné aux plus de 65 ans. Romney a souscrit au projet de Paul Ryan qui consiste à transformer Medicare en un programme dans lequel le gouvernement donnerait aux personnes éligibles une somme fixe les aidant à cotiser à des assurances privées. Cette idée ne remporte pas l'adhésion des Américains, en particulier des personnes âgées, selon les sondages.

Le camp Obama lui-même s'est mis à l'économie, avec l'apparition jeudi d'un spot publicitaire mettant en scène l'ancien président démocrate Bill Clinton, à l'époque duquel l'économie affichait une santé éclatante. S'adressant directement au téléspectateur, Bill Clinton affirme que l'électeur fait face à un "choix clair" quant au candidat qui fera renaître le plein emploi aux Etats-Unis. "Nous devons poursuivre son plan", affirme-t-il à propos d'Obama dans ce spot destiné à huit Etats cruciaux.

Dans son projet pour l'énergie, censé rapporter plus de 1.000 milliards de dollars de revenus au niveau local, régional et fédéral et créer trois millions d'emplois, Romney propose d'ouvrir davantage de zones aux forages pétroliers, notamment au large des côtes de deux Etats cruciaux d'un point de vue politique, la Virginie et la Caroline du Nord. Il veut aussi donner aux Etats le pouvoir d'installer tous les types de production d'énergie sur les terres fédérales, un changement de cap important qui pourrait soulever une large opposition au Congrès.

Le projet de Mitt Romney est très peu disert concernant l'énergie éolienne, qu'Obama a fortement encouragée dans des Etats comme l'Iowa et le Colorado. Le président a ainsi poussé le Congrès à élargir les crédits d'impôts aux producteurs d'énergie éolienne, ce à quoi Romney est opposé.

Le candidat républicain possède des liens étroits avec les pétroliers et a récolté au moins sept millions de dollars de la part de décideurs de ce secteur lors de levées de fonds cette semaine au Texas. Le camp Romney affirme que sa stratégie permettrait d'atteindre l'indépendance énergétique d'ici 2020.

Porte-parole d'Obama, Lis Smith a qualifié le projet de Romney de "rétrograde". "Ce n'est pas la recette de l'indépendance énergétique", a-t-elle affirmé. "C'est simplement encore un plan irresponsable destiné à remplir les poches des pétroliers tout en laissant les Etats-Unis se faire distancer et en abandonnant le secteur des énergies propres à la Chine".

Barack Obama n'a pour sa part pas manqué de rappeler à des donateurs mercredi soir à New York que sous sa présidence, la dépendance au pétrole étranger était descendue sous la barre des 50% pour la première fois en 13 ans.

PLUS:pc