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QS et ON continuent de vouloir jouer dans la cour du Parti québécois

25/08/2012 06:40 EDT | Actualisé 25/10/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Québec Solidaire et Jacques Parizeau ont fait un pied de nez au Parti québécois, le premier en organisant un grand rassemblement souverainiste à Montréal, le second en donnant 200 $ au chef d'Option nationale, Jean-Martin Aussant.

Pendant ce temps, François Legault tentait de séduire l'électorat indécis alors que Jean Charest s'en prenait particulièrement au chef caquiste tout en faisant la leçon aux journalistes sur l'art de réaliser des sondages.

Plus de 1000 personnes ont assisté à l'événement solidaire qui s'est déroulé au marché Maisonneuve, dans la circonscription de Hochelaga-Maisonneuve, une circonscription que rêve de prendre Québec Solidaire.

Pendant son discours, qui a été chaudement applaudi, Françoise David a affirmé que QS s'engageait à tenir un référendum exécutoire, par contraste au référendum consultatif envisagé par le PQ.

Autre caillou dans les souliers de Pauline Marois: la contribution de 200 $ de M. Parizeau à la campagne de M. Aussant, qui se présente dans la circonscription de Nicolet-Becancour, en Mauricie.

L'épouse de M. Parizeau, Lisette Lapointe a soutenu sur son compte Twitter que son mari avait appuyé M. Aussant «parce qu'il tient à ce qu'il soit à l'Assemblée nationale», a expliqué samedi l'épouse de Jacques Parizeau, Lisette Lapointe, sur son compte Twitter.

En entrevue à Radio-Canada, Mme Lapointe a tenté de minimiser le don de son mari en affirmant que ce geste n'avait pas été fait «à l'encontre de quelques partis que ce soit». Elle a ajouté que M. Parizeau pourrait contribuer à la caisse d'autres personnes dont il considère importante la présence à l'Assemblée nationale.

Mme Marois a tenté de prendre la nouvelle avec un grain de sel.

Je respecte son choix», a répété la chef du Parti québécois à plusieurs reprises, désireuse de ne pas alimenter la controverse au moment où son parti trône au sommet des sondages sur les intentions de vote.

«Vous savez que j'ai le plus grand respect pour M. Parizeau, je ne m'en suis jamais caché, je continue de l'avoir, mais je dis simplement aux Québécois, si vous voulez que nous nous remettions en marche pour notre projet de pays, seul un gouvernement majoritaire va pouvoir le faire, un gouvernement souverainiste du Parti québécois», a-t-elle fait valoir.

La décision de M. Parizeau met du sable dans la machine péquiste qui souhaite rallier l'ensemble des souverainistes pour former un gouvernement majoritaire. «Si on veut abolir la loi 78, si on veut s'occuper de nos personnes âgées avec des soins et services à domicile, si on veut s'assurer de la hausse des redevances, si on veut que la loi 101 soit renforcée et qu'on modifie nos institutions, il faut voter pour un gouvernement majoritaire, sinon il risque d'y avoir des blocages», a-t-elle martelé.

De son côté, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, encouragé par les résultats des derniers sondages indiquant que son parti est en constante progression dans les intentions de vote des citoyens, voit grand.

«On vise, le 4 septembre, être sur la première marche du podium», a-t-il lancé à plus d'une reprise lors d'un premier point de presse en matinée à Trois-Rivières.

Il estime avoir réussi un grand bout du marathon électoral, puisque que les Québécois sont, selon lui, d'accord avec ses propositions. Les 10 derniers jours de campagne doivent maintenant être utilisés à les convaincre qu'elles sont possibles, avance-t-il comme stratégie.

Car c'est là que le bât blesse, juge le chef caquiste. Les gens sont devenus cyniques et n'accordent plus foi aux promesses des politiciens.

Un cynisme causé en bonne partie par le gouvernement de Jean Charest qui n'a pas agi pour lutter contre la corruption et qui n'a pas tenu ses promesses faites aux Québécois, a-t-il dit

Le chef libéral Jean Charest a attaqué son rival caquiste en dénigrant l'idée de compenser les syndicats pour le manque à gagner après les réductions d'emploi dans la fonction publique et chez Hydro-Québec. «François Legault annonce qu'il va acheter des syndicats pour des pinottes, à même la poche des contribuables québécois, que ça va coûter des millions de dollars pour couper des milliards de dollars dans la fonction publique du Québec», a-t-il dit.

Lors d'un point de presse à Repentigny, samedi, M. Legault a déclaré que les propos de M. Charest traduisent son désespoir. «Rarement, depuis le début de la campagne électorale j'ai eu à commenter les idées proposées par M. Charest, a-t-il dit. Aujourd'hui je suis obligé de commenter les propos d'un homme qui est désespéré, je n'ai rien à rajouter. Je pense que ça vole bas et on aurait intérêt à élever le débat.»

M. Charest a néanmoins mis en doute les résultats d'une enquête d'opinion publiée samedi.

Une nouvelle étude de Léger Marketing place le Parti québécois en tête, suivi de la CAQ et du Parti libéral du Québec (PLQ).

M. Charest s'en est pris à la méthode de répartition des indécis utilisée pour l'étude, qui crédite le PQ de 33 pour cent des intentions de vote, tandis que la CAQ en obtient 28 pour cent et le PLQ 27 pour cent.

«Juste sur la redistribution des indécis, vous auriez un résultat totalement différent, a-t-il dit. Tout ce que je dis, c'est que les sondages ne sont pas fiables, ils ne l'ont jamais été.»

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