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«Nous ne divisons pas le vote», insiste QS

25/08/2012 06:21 EDT | Actualisé 25/10/2012 05:12 EDT

Un texte de Lili Boisvert

« Si jamais on vous accuse de diviser la gauche... ben, les péquistes ont rien qu'à voter pour nous autres », a lancé avec humour le chanteur Richard Desjardins au rassemblement de Québec solidaire dans le quartier Hochelaga, à Montréal.

Les solidaires ne veulent plus être accusés de diviser le vote, que ce soit le vote de la gauche, le vote souverainiste, ou le vote de mécontentement contre les libéraux. Ils estiment que les électeurs qui aiment leurs propositions feront fi de cette menace qu'ils jugent infondée et n'hésiteront pas à voter pour eux le 4 septembre prochain.

« Le monde n'a pas peur de voter pour leurs convictions cette fois-ci », assure Andréanne, une militante de Québec solidaire rencontrée samedi au rassemblement du parti. Selon elle, la population accepte maintenant que le parti de gauche « a sa place » à l'Assemblée nationale. De plus, si le Parti québécois gagne les élections en tant que gouvernement minoritaire, « il va falloir une équipe de solidaires pour s'assurer que le PQ va maintenir ses promesses », prévoit la jeune femme, qui milite pour le parti depuis sa création.

La question de la diviser le vote dont on accuse Québec solidaire exaspère carrément l'acteur québécois Paul Ahmarani, présent au rassemblement. Le vote pour les solidaires ne nuit pas aux causes communes que le parti de Pauline Marois et les solidaires défendent, selon lui. « Je pense que mathématiquement, on l'a prouvé! », dit-il.

C'est à tout le moins ce que le parti a tenté de démontrer dans une publicité diffusée sur YouTube. Dans celle-ci, QS calcule que si 5 députés solidaires sont élus et qu'un minimum de 5 députés de la CAQ obtiennent un siège à l'Assemblée nationale, le Parti québécois ravira quand même le pouvoir aux libéraux. Un pouvoir minoritaire, qui donnerait la « balance » à Québec solidaire.

N'empêche, plusieurs électeurs déplorent que leur circonscription mette en concurrence le PQ et QS. C'est le cas de Gilbert Théorêt, un ancien péquiste reconverti en sympathisant de Québec solidaire. Depuis le débat des chefs, il tient absolument à ce que Françoise David soit élue. Du même souffle, il déplore qu'en même temps, « elle enlèverait un comté au PQ, là ».

Que QS attire d'anciens péquistes, c'est ce que semblent espérer les libéraux. Au lendemain du débat des chefs de Radio-Canada, la performance de la porte-parole de Québec solidaire Françoise David avait été vantée par Jean Charest. Depuis, l'ancienne ministre de l'Éducation Michelle Courchesne a déclaré que Françoise David méritait une place à l'Assemblée nationale. Les analystes politiques croient que ces louanges libérales pourraient avoir pour dessein de diviser le vote.

Ces éloges créent-ils un malaise dans les troupes de Québec solidaire?

« Se faire dire par Jean Charest qu'on fait du bon travail... c'est sur que c'est particulier », admet Sébastien Robert, candidat dans Vachon, sur la Rive-Sud de Montréal. Le candidat fait quand même valoir que les libéraux « n'ont pas particulièrement apprécié le fait qu'Amir Khadir soit là » au cours des dernières années, selon lui.

Pour me joindre :

Lili.boisvert@radio-canada.ca

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