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Neuf condamnés à mort exécutés en Gambie

25/08/2012 05:15 EDT | Actualisé 25/10/2012 05:12 EDT

BANJUL, Gambie - La Gambie a exécuté neuf criminels, a rapporté samedi Civil Society Associations Gambia, une coalition de sept organisations gambiennes de défense des droits de la personne et civils. Selon Amnistie internationale, la vie d'une quarantaine d'autres condamnés à mort est en danger alors que le pays d'Afrique occidentale procède à ses premières exécutions depuis 27 ans.

Le président gambien, Yahya Jammeh, avait promis en juillet d'exécuter tous les détenus se trouvant dans le couloir de la mort, soutenant que ces derniers devaient recevoir le traitement qu'ils méritaient.

Vendredi soir, le gouvernement gambien a émis un communiqué disant que les condamnés à mort avaient été jugés par des tribunaux dans le respect de la loi et qu'ils avaient épuisé tous leurs recours.

Huit hommes et une femmes ont été retirés de leur cellule vendredi soir et exécutés, a indiqué Amnistie internationale, citant des sources crédibles. Deux des condamnés seraient des étrangers originaires du Sénégal.

Les exécutions ont provoqué un tollé, suscitant l'indignation de l'Union africaine, de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, des gouvernements nigérian et français de même que des groupes de défense des droits de l'homme.

D'après Amnistie internationale, c'était la première fois que la Gambie exécutait des prisonniers depuis 1987. L'ancien ministre gambien Omar Jallow a révélé à l'Associated Press que le pays avait rétabli la peine de mort en 1995, mais n'avait procédé à aucune exécution.

Trois des personnes qui auraient été exécutées avaient été reconnues coupables de trahison, a affirmé Amnistie internationale. On ignore le nombre de détenus qui se trouvent dans le couloir de la mort parce qu'ils auraient fomenté un coup d'État mais, s'ils sont nombreux, cela pourrait vouloir dire que le président Jammeh se sert de la peine capitale pour se débarrasser de ses opposants.

Yahya Jammeh a été réélu en novembre après des élections que le département d'État américain a qualifiées de «ni libres, ni justes».

Selon Amnistie internationale, 38 des 54 pays de l'Union africaine ont aboli la peine de mort ou, dans les cas où elle figure toujours dans les textes de loi, n'effectuent pas d'exécution.

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