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Le Parti nul milite en faveur de la reconnaissance du vote de protestation

25/08/2012 02:16 EDT | Actualisé 25/10/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Mathieu Marcil reçoit de nombreux regards interloqués et des sourires lorsqu'il explique qu'il se présente aux élections québécoises sous la bannière du Parti nul.

La formation politique dit vouloir prouver un point important à propos du désintérêt des électeurs envers la politique, alors que le taux de participation dégringole.

Selon ce parti, les bulletins de vote rejetés, dont certains sont gaspillés pour exprimer l'insatisfaction envers les choix offerts, devraient être comptés pour refléter le fait que l'électorat est exaspéré.

Au dire de M. Marcil, les gens qui ne sont pas satisfaits du processus électoral voient pour l'instant leurs votes rejetés et ignorés au cours du dépouillement des urnes, ou ils ne vont tout simplement pas voter.

Depuis quelques décennies, le taux de participation aux élections subit un recul, alors que les électeurs ne se rendent pas aux urnes.

Le taux de participation a atteint un plancher historique lors des dernières élections provinciales, alors que seulement 57,4 pour cent des électeurs québécois inscrits se sont déplacés pour aller voter, en 2008. Depuis les élections québécoises de 1994, où 81,6 pour cent des électeurs ont voté, le taux de participation s'érode de scrutin en scrutin.

La tendance est semblable sur la scène fédérale. En 1979, le taux de participation s'établissait à 75,7 pour cent, et a diminué lors des élections subséquentes, pour atteindre un plancher de 58,8 pour cent en 2008, avant de remonter légèrement à 61,1 pour cent l'an dernier.

Des preuves du cynisme du public étaient également visibles cette semaine lors des débats des chefs au Québec. Des utilisateurs du réseau social Twitter commentant les échanges ont laissé entendre, acerbes, que les véritables gagnants des joutes oratoires télévisées étaient ceux qui ne les avaient pas écoutées.

Le Parti nul est malgré tout en faveur d'aller voter. Il réclame simplement un endroit, sur le bulletin de vote, où il est possible d'inscrire qu'il s'agit d'un vote de protestation.

Une porte-parole du Directeur général des élections du Québec, Caroline Paquin, a déclaré que les votes de protestation étaient simplement comptabilisés avec les autres bulletins irrecevables. Aucune ventilation des résultats n'est offerte.

Mais en ignorant les votes de protestation, soutient M. Marcil, le public conserve l'idée artificiellement gonflée que l'appui envers les candidats est important.

Reconnaître les votes de protestation n'est cependant pas une nouvelle idée. Un certain nombre de juridictions et d'organisations le font, incluant la France et l'État américain du Nevada.

Le Parti nul a été formé en 2009 par Renaud Blais, le chef, et n'a pas d'autre plateforme que la reconnaissance du vote de protestation. Dix candidats se présentent aux élections.

André Blais, un politologue de l'Université de Montréal qui étudie la participation aux élections, est toutefois sceptique à propos de la valeur d'indiquer qu'un vote en est un de protestation.

«C'est une question de jugement. Je crois personnellement que nous avons beaucoup d'options. Vingt partis se livrent une lutte pour gouverner. Il y a beaucoup d'options différentes qui s'offrent à nous», a-t-il dit.

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