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Le chef de la CAQ veut convaincre les Québécois que son plan est réalisable

25/08/2012 10:18 EDT | Actualisé 25/10/2012 05:12 EDT

TROIS-RIVIÈRES, Qc - Convaincu du soutien de la population pour tous les changements proposés par la Coalition avenir Québec (CAQ), le chef François Legault ne vise rien de moins que la première marche du podium le 4 septembre.

Mais s'il doit se contenter de l'argent ou du bronze, le chef caquiste ne va pas laisser tomber. S'il perd, il se reprendra au prochain match.

«Moi, j'ai dit que je serais là pour 10 ans. Je vais me reprendre, c'est sûr. Mais j'aimerais mieux gagner la première fois», a dit M. Legault en riant à La Presse Canadienne alors qu'il se promenait samedi dans un parc de l'Assomption, sa propre circonscription, où se tenait un tournoi de soccer.

La question au chef caquiste était inspirée d'une phrase lancée par un groupe de jeunes joueuses qui venaient de perdre, mais qui lui promettaient un second match victorieux. «On va se reprendre», avaient joyeusement dit les jeunes, qui comme beaucoup d'autres, étaient venues se faire photographier avec François Legault.

Le chef attirait les gens comme un aimant samedi, lors de cette promenade, croisant au hasard des partisans venus encourager les joueurs de soccer. Même chose la veille lors de bains de foule à Portneuf et à Trois-Rivières. L'accueil réjouit évidemment l'équipe caquiste.

Samedi, encouragé de plus par les résultats des derniers sondages qui indiquent que son parti est en constante progression dans les intentions de vote des citoyens, François Legault voit grand.

«On vise, le 4 septembre, être sur la première marche du podium», a-t-il lancé à deux reprises lors d'un premier point de presse en matinée à Trois-Rivières.

Il estime avoir réussi un grand bout du marathon électoral puisque que les Québécois seraient, selon lui, d'accord avec ses propositions.

Les 10 derniers jours de campagne doivent maintenant être utilisés à les convaincre qu'elles sont possibles, avance-t-il comme stratégie de fin de course.

Car c'est là que le bât blesse, juge le chef caquiste. Les gens sont devenus cyniques et n'accordent plus foi aux promesses des politiciens.

Un cynisme causé en bonne partie par le gouvernement de Jean Charest qui n'a pas agi pour lutter contre la corruption et qui n'a pas tenu ses promesses faites aux Québécois, a-t-il dit en point de presse, samedi, à Trois-Rivières.

«Je ne suis peut-être pas le grand parleur qu'est Jean Charest mais moi, je suis un gars qui livre la marchandise».

Les Québécois ne doivent pas se résigner, dit-il, et penser que tous les politiciens sont du pareil au même.

«On doit être capables de dire: on essaie avec une nouvelle équipe», dit M. Legault.

En proposant de grands changements qui «vont brasser», le chef caquiste a rencontré durant la campagne l'incrédulité des uns qui jugent ses promesses irréalistes et les craintes des autres qui redoutent de trop grands bouleversements.

C'est pourquoi il semble avoir ciblé cette faiblesse, et l'a transformée en objectif de fin de campagne.

«Ce que je sens sur le terrain, c'est que les gens sont prêts pour le ménage», répète le chef.

«Les gens sont d'accord avec nos propositions, il faut juste les convaincre qu'on est capables de les réaliser. (...) Et qu'on changera pas d'idée».

C'est le message qui reste à passer, dit-il.

Il ne craint pas de manquer de temps d'ici le 4 septembre.

«Il y en a encore des sceptiques, il nous reste 10 jours pour les convaincre. Je pense que oui, c'est possible».

Comme la veille, il saupoudre son discours du slogan désormais célèbre du président américain Barack Obama: «Oui, on est capables», auquel il ajoute des «Oui, c'est possible», bien sentis.

Il se défend toutefois de se comparer à Barack Obama. Mais il exploite une formule qui a été gagnante au sud de la frontière. À un journaliste anglophone qui l'interrogeait lors d'une épluchette de blé d'Inde samedi à Laval, il lui a lancé un solide «Yes, we can».

Élu, François Legault promet d'évaluer ses ministres sur la base de l'accomplissement des résultats du programme de la CAQ. Quant à lui-même, il promet de s'évaluer «tous les jours».

Après avoir tenu un point de presse près de la piste du Grand Prix de Trois-Rivières — histoire d'illustrer le dernier sprint de la campagne électorale — le chef caquiste a poursuivi son chemin à Laval, Repentigny et L'Assomption.

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