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Jacques Parizeau accorde un appui à Jean-Martin Aussant (PHOTOS/VIDÉO)

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Jacques Parizeau. (PC)
Jacques Parizeau. (PC)

ASSOMPTION, Qc - A un peu plus d'une semaine du scrutin, l'ex-leader péquiste Jacques Parizeau a réservé une bien mauvaise surprise à Pauline Marois en accordant un appui au chef d'Option nationale (ON), Jean-Martin Aussant.

Discret depuis le début de la campagne électorale, M. Parizeau a plongé la caravane du Parti québécois dans l'embarras samedi lorsque la jeune formation souverainiste s'est vantée sur les réseaux sociaux d'avoir obtenu son appui.

L'ex-premier ministre péquiste de 1994 à 1995 n'a pas lancé un mot d'ordre en faveur d'Option nationale mais a contribué pour 200 $ à la campagne de M. Aussant qui tente de se faire élire dans la circonscription de Nicolet-Becancour.

L'épouse de M. Parizeau, Lisette Lapointe, fait aussi campagne aux côtés du chef d'Option nationale. L'ancienne députée a quitté le PQ avec fracas en juin 2011 pour terminer son mandat à titre d'indépendante.

Sur son compte twitter, Mme Lapointe a expliqué que son mari appuyait la candidature de Jean-Martin Aussant «parce qu'il tient à ce qu'il soit à l'Assemblée nationale». Elle n'a pas soufflé mot de Pauline Marois ou du Parti québécois.

En conférence de presse à Grandes-Piles, en Mauricie, Mme Marois n'a pas voulu interpréter la décision de M. Parizeau d'appuyer la candidature du chef d'un parti souverainiste concurrent.

«Je respecte son choix», a répété la chef du Parti québécois à plusieurs reprises, désireuse de ne pas alimenter la controverse au moment où son parti trône au sommet des sondages sur les intentions de vote.

«Vous savez que j'ai le plus grand respect pour M. Parizeau, je ne m'en suis jamais caché, je continue de l'avoir, mais je dis simplement aux Québécois, si vous voulez que nous nous remettions en marche pour notre projet de pays, seul un gouvernement majoritaire va pouvoir le faire, un gouvernement souverainiste du Parti québécois», a-t-elle fait valoir.

Empressée de remettre le couvercle sur la marmite, Mme Marois a ajouté qu'elle n'avait pas, personnellement, cherché à obtenir l'appui de son prédécesseur dans la présente campagne électorale.

Présent aux côtés des militants de la Mauricie, l'ancien ministre Yves Duhaime ne s'est cependant pas gêné pour critiquer l'attitude du couple Parizeau-Lapointe.

«Quand un homme est en amour, ça peut l'amener à faire des bêtises», a-t-il lâché.

Le flirt de M. Parizeau avec Option nationale a incité la chef péquiste à intensifier son appel du pied aux citoyens pour qu'ils lui permettent de former un gouvernement majoritaire à l'issue de l'élection du 4 septembre.

Mme Marois a exhorté les «souverainistes et les progressistes» à se rallier au Parti québécois, consciente que la majorité ne lui est pas acquise.

«Si on veut abolir la loi 78, si on veut s'occuper de nos personnes âgées avec des soins et services à domicile, si on veut s'assurer de la hausse des redevances, si on veut que la loi 101 soit renforcée et qu'on modifie nos institutions, il faut voter pour un gouvernement majoritaire, sinon il risque d'y avoir des blocages», a-t-elle martelé.

Mme Marois a réservé ses attaques les plus dures à l'endroit de François Legault, chef de Coalition avenir Québec (CAQ), qui lui dispute le vote francophone.

Le Québec, a-t-elle soulevé, n'a nul besoin d'un «matamore» qui se démarque par son «manque de jugement» et sa volonté de susciter la division et le désordre social.

«Il promet de se battre contre les médecins de famille, contre les pharmaciens, contre les étudiants, contre les syndicats, contre les travailleurs d'Hydro-Québec. On dirait que son fantasme c'est de causer le plus de trouble possible. Je crois que le Québec n'a pas besoin, et surtout pas à ce moment-ci, d'un matamore pour diriger le gouvernement», a-t-elle lancé.

Après avoir annoncé quelques engagements pour stimuler l'industrie forestière _ 35 millions $ pour des travaux sylvicoles, adoption d'une Charte du bois, projets-pilotes pour les MRC _ Mme Marois s'est livrée avec entrain au jeu des bains de foule et des prises de photos, notamment à Saint-Élie-de-Caxton.

Elle a même fait une incursion dans la circonscription du chef de la CAQ, l'Assomption, où elle est presque tombée nez à nez avec M. Legault, lui aussi en campagne dans la région.

Venue encourager de jeunes joueurs de soccer, Mme Marois s'est rapidement éclipsée lorsqu'elle a été informée de l'arrivée prochaine de M. Legault et de sa suite sur le même terrain de sport.

D'ordinaire, les chefs de parti évitent, en vertu d'une loi non-écrite, de faire campagne dans les circonscriptions de leurs vis-à-vis. Mais dans le cas de M. Legault, le pacte non-officiel de non-agression ne tient pas. «M. Legault n'est pas un élu, ce n'est pas pareil», a justifié un membre de l'entourage de la chef péquiste.

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