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Charest attaque le plan de compression de Legault et critique un sondage

25/08/2012 11:11 EDT | Actualisé 25/10/2012 05:12 EDT

SAINT-BRUNO-DE-MONTARVILLE, Qc - Jean Charest a traité François Legault de «marchand de pinottes», samedi, en plus de critiquer un sondage qui place les libéraux en troisième position derrière ses adversaires.

Le chef libéral a déclaré que le plan d'abolition de 7000 postes, proposé par la Coalition avenir Québec de M. Legault, coûtera des millions de dollars pour obtenir le consentement des centrales syndicales.

Dans une entrevue au quotidien Le Soleil, M. Legault s'est montré ouvert à compenser les syndicats en raison des pertes de cotisations qui découleraient de son projet d'abolir 7000 postes dans la fonction publique et chez Hydro-Québec.

Lors d'un point de presse, M. Charest s'est empressé de bondir sur cette déclaration, s'indignant que M. Legault qualifie ces dépenses de «pinottes» en regard des économies qu'elles permettraient.

«François Legault annonce qu'il va acheter des syndicats pour des pinottes, à même la poche des contribuables Québécois, que ça va coûter des millions de dollars pour couper des milliards de dollars dans la fonction publique du Québec», a-t-il dit.

M. Charest s'est montré confiant que la population ne votera pas pour M. Legault.

«Nous faisons campagne pour gagner, parce que nous avons la ferme conviction que le 4 septembre prochain, les gens ne vont pas aller voter pour un marchand de pinottes», a-t-il dit.

Lors d'un point de presse à Repentigny, samedi, M. Legault a déclaré que les propos de M. Charest traduisent son désespoir.

«Rarement, depuis le début de la campagne électorale j'ai eu à commenter les idées proposées par M. Charest, a-t-il dit. Aujourd'hui je suis obligé de commenter les propos d'un homme qui est désespéré, je n'ai rien à rajouter. Je pense que ça vole bas et on aurait intérêt à élever le débat.»

M. Legault a affirmé qu'il voulait se montrer souple et que la compensation aux syndicats était un exemple de cette approche.

Se défendant de commenter les sondages, M. Charest a néanmoins mis en doute les résultats d'une enquête d'opinion publiée samedi.

Une nouvelle étude de Léger Marketing place le Parti québécois en tête, suivi de la CAQ et du Parti libéral du Québec (PLQ).

M. Charest s'en est pris à la méthode de répartition des indécis utilisée pour l'étude, qui crédite le PQ de 33 pour cent des intentions de vote, tandis que la CAQ en obtient 28 pour cent et le PLQ 27 pour cent.

«Juste sur la redistribution des indécis, vous auriez un résultat totalement différent, a-t-il dit. Tout ce que je dis, c'est que les sondages ne sont pas fiables, ils ne l'ont jamais été.»

M. Charest a pris l'exemple de la dernière élection générale en Alberta, où les sondages n'ont pas réussi à prédire la réélection des conservateurs.

«Combien de fois on a fait des élections et à chaque fois les sondages, les sondeurs ont été obligés de les ravaler après», a-t-il dit.

Le sondage de Léger a été effectué par Internet les 23 et 24 août auprès de 1929 personnes. Sa marge d'erreur est de 2,2 pour cent, 19 fois sur 20.

M. Charest s'en est aussi pris à M. Legault en raison de la neutralité qu'il souhaite préserver dans l'éventualité d'un référendum, en raison des divisions qui règnent dans son parti entre fédéralistes et souverainistes.

Le chef libéral a soutenu que cela démontre la fragilité de la CAQ, qu'il a décrit comme le «parti de la désintégration».

«Est-ce qu'on veut au Québec un parti politique qui annonce son autodestruction si jamais il y a un enjeu difficile qui se présente?», a-t-il demandé.

Présent à l'occasion d'une annonce électorale en matière de santé, le ministre de la Santé Yves Bolduc, a accusé le Parti québécois de ne pas avoir tenu compte de recommandations qui auraient pu contrer l'éclosion de 102 cas de légionellose, une épidémie qui a fait six morts à Québec.

M. Bolduc a affirmé qu'après la dernière éclosion de cas de la maladie, en 1996, un rapport a été produit l'année suivante, recommandant la création de normes d'entretien des tours de refroidissement sur les immeubles, responsables de l'épidémie à Québec.

Le ministre sortant a affirmé que les libéraux n'avaient pas à se sentir embarrassés par la résurgence de la légionellose, puisque le gouvernement du Parti québécois aurait dû légiférer pour imposer ces normes, ce que le gouvernement sortant a promis de faire vendredi.

«Ça fait neuf ans qu'on est en place, mais de 1997 à 2003, il y avait un gouvernement qui était là et eux-autres étaient responsables de finaliser le dossier, a-t-il dit. Et c'est à ce moment-là que ça ne s'est pas finalisé.»

«Ne venez pas nous remettre sur le dos à nous autres des choses qui datent d'avant», a-t-il dit.

M. Bolduc a affirmé qu'il n'avait pas l'intention de réclamer une enquête pour déterminer pourquoi la situation a pu se répéter.

M. Charest a fait campagne dans la région montréalaise, samedi, dans deux circonscriptions sur la rive-sud, ainsi que dans Nelligan, dans l'Ouest de Montréal, un secteur pourtant acquis aux libéraux.

En 2008, la députée sortante, Yolande James, avait remporté la victoire avec une très confortable avance de 14 595 voix.

M. Charest n'a pas voulu établir de lien entre son passage dans Nelligan et la possibilité d'un glissement du vote anglophone, particulièrement courtisé par la CAQ.

«C'est lié au vote de toutes les communautés, incluant les communautés anglophones, a-t-il dit. Alors il est normal qu'on fasse un arrêt dans ces communautés et ces circonscriptions.»

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