Rentrée scolaire: Favoriser la réussite de nos enfants

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Aider son enfant à l'école | Hero Images via Getty Images

Le parcours scolaire devrait-il être un long fleuve tranquille du moment où un élève n’a ni handicaps ni troubles d’apprentissage? On aimerait croire que oui, mais ce n’est malheureusement pas toujours le cas.

Des enfants sans problèmes précis, mais dont la scolarité est un véritable chemin de croix, il y en a dans toutes les écoles du Québec. « Certains élèves sont plus naturellement motivés par des apprentissages scolaires. D’autres n’ont pas un intérêt aussi poussé pour l’école. Ils peuvent avoir une forme d’intelligence différente », signale Ginette Camirand, psychologue scolaire.Au primaire, les apprentissages se situent au niveau des outils de base comme la lecture, l’écriture et le calcul. Pour certains élèves, poursuit la psychologue, ce n’est pas très stimulant. « Les parents doivent davantage les soutenir, les guider et les outiller, car ils risquent de ne pas s’investir autant à l’école. Certains étudiants vont développer une motivation plus tard dans leur parcours scolaire, parfois au cégep ou même à l’université, parce qu’ils ont des matières qui les stimulent davantage et qui correspondent mieux à leur profil. »

Un travail d’équipe

Pour favoriser la réussite scolaire, le trio enfant-parent-école doit idéalement travailler de concert. Pour Rollande Deslandes, qui étudie la question depuis de nombreuses années, les parents ont un rôle majeur à jouer. « La relation du parent avec son enfant est extrêmement importante. Lorsque celle-ci est positive, la relation entre l’enfant et l’enseignant a tendance à l’être aussi à l’entrée à l’école », mentionne cette professeure et chercheuse en sciences de l’éducation à l’Université du Québec à Trois-Rivières.

Et ce lien entre le prof et l’élève peut faire toute la différence, estiment les experts. Les parents devraient donc à tout prix éviter de parler négativement de l’école ou de l’enseignant devant leur enfant. Ils devraient aussi s’intéresser à ce qui se passe à l’école et être présents au besoin pour les devoirs. C’est une façon de montrer l’importance qu’ils accordent aux études. Même quand le jeune devient plus autonome, les parents ne devraient pas hésiter à le questionner sur sa journée, à ouvrir l’agenda et à jeter un coup d’œil à ses travaux. « Parfois, suggérer une idée ou proposer un coup de main peut donner un second souffle au jeune dans son travail », signale Marilène Forget, enseignante à un groupe de cinquième et sixième année.

Enfin, il ne faut pas négliger de boucler la boucle en entretenant le lien entre l’école et la maison. Cela ne signifie pas nécessairement de faire du bénévolat à la bibliothèque de l’école toutes les semaines, mais de participer aux réunions avec l’enseignant et de communiquer avec lui. Une bonne discussion permet généralement d’avoir l’heure juste quant au travail de l’enfant en classe. Et d’intervenir de façon plus cohérente si nécessaire! « Si la communication est constante entre l’école et la maison, l’enfant ne peut pas jouer sur deux tableaux », remarque Karine Jarry, enseignante en première année.

Attention à la pression!

Motiver un enfant est un art qui nécessite du doigté. Il faut constamment prendre garde de ne pas franchir la ligne ténue entre les encouragements et la pression. Si les premiers sont souhaitables, la seconde peut être néfaste. Les parents doivent tenir compte de la personnalité de leur progéniture et ne pas avoir des attentes irréalistes. Parfois, ils doivent apprendre à se contenter de la performance de leur enfant. « Tous les jeunes ne sont pas appelés à aller à l’université. Certains sont plus manuels et comme parents, il faut favoriser le développement de ces compétences-là », note Mme Deslandes.

Mettre trop de pression sur un jeune est contre-productif, car cela peut le décourager et lui causer de l’anxiété. « L’important n’est pas de favoriser le fait d’avoir de très bonnes notes même si on encourage la réussite scolaire. Pour un enfant, ce qui est significatif, ce n’est pas d’avoir 70 % ou 80 %, mais de lire la fierté et la reconnaissance de ses efforts et de ses progrès dans les yeux de ses parents », fait valoir Mme Camirand.

Dans certains cas, les conséquences d’une trop grande pression des parents peuvent être dramatiques. Émilie Blais, orthopédagogue, raconte qu’un de ses élèves a même déjà tenté de s’enlever la vie. Un cas rare, heureusement! N’empêche que plusieurs enfants souffrent d’être incapables de répondre aux attentes. « Certains parents, souvent eux-mêmes très performants, sont très exigeants. Pour eux, 70 % ce n’est pas assez », constate-t-elle.

Dans une société axée sur la performance, on oublie parfois les vertus de l’erreur. Pourtant, celle-ci est très formatrice. « On met beaucoup l’accent sur le résultat plutôt que sur le processus d’apprentissage alors que ce devrait être le contraire », estime Mme Camirand. Autrement dit, le véritable succès réside moins dans la note que dans les progrès de l’enfant.

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