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RDCongo : les rebelles du M23 accuse l'armée de recruter de force des mineurs

24/08/2012 04:52 EDT | Actualisé 23/10/2012 05:12 EDT

Le mouvement rebelle M23 qui s'oppose aux forces régulières dans l'est de la République démocratique du Congo a accusé vendredi l'armée de recruter de force des mineurs.

"Ils recrutent de force des jeunes pour l'armée", a dit à l'AFP le colonel Vianney Kazarama, l'un des responsables du M23 dans la zone de Rutshuru au nord de Goma.

"La loi interdit le recrutement de mineurs", a-t-il affirmé, accusant l'armée de ne pas tenir compte de l'âge des recrues.

"Ils prennent tout, a-t-il ajouté, des gens dans les champs, des mineurs et même des gens du troisième âge".

Selon lui, "des milliers de personnes" fuient ce recrutement forcé et cela risque de remettre en question la rentrée scolaire prévue début septembre.

L'armée a lancé depuis deux semaines une campagne de recrutement pour lutter contre la rébellion dans l'est du pays. Selon des sources occidentales, elle viserait à accroître ses effectifs de 25.000 hommes. Les forces armées de RDC (FARDC) comptent environ 105.000 hommes.

Début août, la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (Monusco) avait exprimé sa "profonde inquiétude" face à la recrudescence dans l'est du "recrutement forcé" de civils, dont des enfants, par la rébellion du M23.

Dans un communiqué publié à Kinshasa, elle avait affirmé que "plus de 100 cas de recrutement forcé de civils par le M23 -la plupart d'entre eux ayant 24 ans et moins, dont 26 enfants - ont été documentés depuis le mois d'avril 2012".

Interrogé par l'AFP sur cette accusation, le colonel Kazarama a démenti tout recrutement de mineur mais au M23 "la porte est ouverte à tout le monde", a-t-il dit.

Son mouvement, accusé d'être un mouvement tutsi, l'ethnie au pouvoir au Rwanda, "accueille tous ceux qui veulent y entrer", dit-il. L'Onu a accusé le Rwanda de soutenir le M23, ce que Kigali a démenti. "Nous voulons un mouvement populaire, tout le monde est accueilli dans l'armée, la police ou la politique", a-t-il déclaré.

pb/jlb

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